Coups de cœur Lectures

Le royaume assassiné

16 décembre 2020

« J’ai passé ma vie à essayer de me conformer à l’image que ma mère avait de moi. Elle avait englouti l’enfant qui désirait être quelqu’un de différent. J’étais une sirène, je devais donc être une tueuse. Ce n’était ni juste ni faux, c’était ce que je devais être, point. Et maintenant mes souvenirs se transforment en des rêves bien cruels, me vissant des visions impitoyables au fond du crâne, m’accusant d’un passé que je ne saurais renier. La vérité crue de ce que je suis est devenue un cauchemar. » Extrait du livre, page 370.

RÉSUMÉ | Lira est la sirène la plus dangereuse de l’océan. Elle a déjà pris le cœur de dix-sept princes qui sont tombés sous son charme. Mais un jour, tout bascule lorsqu’elle tue l’une de ses semblables. Pour la punir, sa mère la Reine des Mers transforme Lira en ce qu’elle déteste le plus : une humaine. Elle lui donne alors jusqu’au solstice d’hiver pour lui apporter le cœur du Prince Elian, ou bien elle restera sous cette forme pour l’éternité.

De son côté, le Prince considère l’océan comme sa vraie demeure, même s’il est l’héritier du plus grand des royaumes. Chasser les sirènes est sa raison d’être. Mais lorsqu’il sauve une jeune femme qui se noie, il est loin de se douter de sa vraie nature.. Pour le remercier, elle lui promet de l’aider à trouver le moyen de détruire toutes les sirènes, mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

MON AVIS | Vous ne le savez peut-être pas mais la petite sirène est mon disney préféré, mon conte favori depuis toujours. Aussi, j’adore les histoires avec des pirates, des quêtes, des trésors et des batailles. Alors, quand j’ai appris que to kill a kingdom — un roman qui m’intrigue depuis des années — allait être traduit en français pour cet automne, mon cœur a raté un battement. Il me le fallait absolument. Vraiment, j’ai compté les mois (que dis-je, les jours) qui précédaient sa parution parce que ce livre est LA sortie que j’attendais le plus pour 2020. Imaginez un peu ma joie quand j’ai vu que les éditions De Saxus prévoyaient une version brochée et une version reliée ! Bon, j’ai eu un peu de mal à me procurer cette dernière, mais maintenant, elle trône fièrement sur l’une de mes étagères. Et honnêtement, je ne me lasse pas de l’admirer : c’est une vraie beauté.

Allez, revenons à nos moutons. Dans cette histoire nous faisons la connaissance de Lira, une impitoyable sirène de dix-sept ans qui a été élevée dans un unique but : arracher des cœurs. Comme ses semblables, elle est censée tuer un humain à l’approche de son anniversaire. Une fois par an, donc, elle s’aventure à la surface pour charmer un prince (elle refuse de sacrifier qui que ce soit d’autre) et l’entraîner avec elle dans les profondeurs. De cette manière elle prouve à sa génitrice, la Reine des Mers, qu’elle est suffisamment cruelle pour reprendre la couronne et lui succéder, et elle continue d’inspirer un sentiment de crainte et de loyauté à ses futurs sujets. Un jour, pourtant, elle commet une terrible erreur. Pour la punir, sa mère va l’exiler chez les hommes et la transformer en ce qu’elle déteste le plus au monde. Si elle veut revenir parmi les siens, elle doit lui apporter le cœur d’un certain prince — sans utiliser ses pouvoirs et son chant — avant le solstice d’hiver. Elian, quant à lui, est l’héritier au trône de Midas. Cependant il ne veut pas régner et son devoir, ses obligations, ses responsabilités l’étouffent. Au contraire, il préfère échapper à sa condition en jouant son rôle de pirate et de capitaine sur le Saad, son navire, en compagnie de son fidèle équipage. Il rêve d’être libre, de parcourir le monde et de voyager, toujours plus loin. Son cœur appartient à l’océan mais les eaux ne sont plus sûres depuis bien longtemps. C’est la raison pour laquelle il traque les sirènes, qui ne cessent de tuer les siens : il veut ramener la paix.

Hé, vous savez quoi ? J’ai adoré le royaume assassiné. Trois jours après l’avoir lu je ne savais toujours pas quelle note lui attribuer mais j’ai beaucoup cogité et l’évidence s’est, d’un coup, imposée à moi : ce roman est une pépite et il m’a marquée de la meilleure des façons. Je pense même qu’il fait, dorénavant, partie de mes ouvrages favoris — et croyez-moi, il n’y en a pas des masses. Tout d’abord, je tiens à souligner une chose : il s’agit d’un one-shot. Pas besoin, donc, de dépenser des millions ou d’attendre des mois/années pour connaître le dénouement. On a un début, une fin, et dieu merci ça fait du bien. Ensuite, la construction du monde est stupéfiante. La mythologie également et j’ai beaucoup aimé les royaumes, sur terre et au fond des mers. Bon, des descriptions et des détails en plus auraient pu apporter quelque chose, mais je ne vais pas me plaindre, ce n’est pas trop grave. Sinon l’intrigue est palpitante, la plume envoûtante et poétique, bref, que du bonheur. Aussi, nous avons des personnages secondaires intéressants voire attachants. Kye, Madrid, Torik, Sakura, Kahlia. Enfin, je veux décerner la palme d’or aux héros (anti-héros ?), plus que singuliers. Nous avons une princesse sirène tueuse de princes et un prince tueur de sirènes. Que demande le peuple ? Vraiment, l’autrice nous présente là un duo explosif.

Lira, pour commencer, est tout simplement incroyable. C’est une sirène impitoyable et sanguinaire qui a tué de nombreux princes et qui n’éprouve pas le moindre remord. Elle est vicieuse, dangereuse, sauvage et waouh, c’était puissant. Pourtant, au fil des pages, on apprend une chose : elle n’a toujours été comme ça. Elle n’est pas devenue un monstre seule, on l’a obligée. On réalise qu’elle a un côté vulnérable et j’ai aimé la voir grandir tout au long du récit. Elle découvre les sentiments humains, se pose des questions et développe une conscience. Pour ce qui est d’Elian, c’est pareil, je l’ai adoré. Bon, pour un pirate, je m’attendais à ce qu’il soit plus féroce que ça, mais d’un autre côté il reste un prince et on voit qu’il essaie de faire ce qui est le mieux. Il est loyal, courageux, honnête, altruiste, et il a beau être un meurtrier, il ne prend pas de plaisir à tuer ses victimes. Il se dit simplement que c’est un mal nécessaire. J’ai été complètement séduite.

Avec cette histoire nous sommes loin du « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Dès le début on plonge dans un univers sombre et marqué par une guerre qui oppose les hommes et les créatures abyssales. C’est un roman violent dans lequel se mêlent l’écume et le sang. Il y a de l’action, des drames, de l’aventure, des rebondissements, des trahisons, du danger, un rythme effréné, une écriture captivante, des méchants que l’on va adorer détester (ou pas), de la magie, des mythes, de l’humour, du sarcasme, de l’ironie, de la répartie, et bien sûr, de l’amour. La romance n’est pas l’élément central du récit et heureusement, elle ne s’installe pas en trois pages. C’était tellement fort, tellement crédible !

J’ai quelques reproches à faire (à mon sens la fin ne colle pas avec l’ambiance, par exemple) mais dans l’ensemble, j’ai tellement été emballée qu’ils passent au second plan. Ce livre est merveilleux et je le recommande sans hésiter. Merci aux éditions De Saxus pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. (N’empêche, je lis deux œuvres d’une maison d’édition et les deux sont des coups de cœur — les seuls de l’année, d’ailleurs. Je n’en reviens pas.)

Œuvre écrite par : Alexandra Christo.

Nombre de pages : 512 | Éditeur : De Saxus | Ma note : 5/5 — coup de ♥.

Date de sortie : 26 novembre 2020 | Prix : 18,90 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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1 Commentaire

  • Reply Steven BAUDET 20 janvier 2021 at 21 h 34 min

    Même si ça n’a pas été un coup de coeur, j’ai adoré dévorer ce roman. A tel point que j’ai regretté qu’il ne s’agisse pas d’une saga tellement l’univers de l’auteure aurait pu être encore plus exploité et approfondi !
    J’espère pouvoir lire ses prochains ouvrages 😉

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