Lectures

Until the end

13 décembre 2019

« Mon problème, c’est que je ne sais pas ressentir les choses normalement, je ne sais pas comment gérer ces émotions toutes plus contradictoires les unes que les autres qui me frappent chaque jour en plein cœur. Je n’ai pas de juste milieu : si je déteste, c’est jusqu’à vouloir tuer, si j’aime, c’est jusqu’à crever et il n’y a rien entre les deux. Et Mila.. Elle me donne envie de l’aimer et je me déteste pour ça. » Extrait du livre, page 58.

RÉSUMÉ | Un soir d’octobre, alors que Mila rentre chez elle, sa vie bascule. Quelqu’un l’attend en bas de son immeuble, un main se plaque sur sa bouche, et un 4×4 l’emporte.. Mila vient d’être enlevée. Lorsqu’elle revient à elle, la jeune femme s’aperçoit qu’elle est séquestrée et coupée de tout, sans comprendre pourquoi elle a été prise pour cible. Qui est son ravisseur ? Que lui veut-il ? Retenue dans un endroit isolé, elle va devoir apprendre à vivre avec Carter, l’homme chargé de la surveiller, qui la trouble autant qu’il la terrifie.

Pour Carter, Mila n’est qu’un contrat de plus à honorer. Sa mission est simple : l’enlever, la maintenir prisonnière puis la relâcher une fois la rançon payée. Mais il commet une erreur qui va tout bouleverser : quelque chose chez sa captive lui fait baisser sa garde. Et il laisse malgré lui un lien se créer entre eux..

Tandis que leur cohabitation forcée se prolonge, Carter et Mila découvrent chaque jour davantage l’un sur l’autre et la jeune femme réalise que malgré les apparences, son ravisseur porte un lourd fardeau et qu’il est peut-être prisonnier autant qu’elle. Et si l’amour pouvait les libérer ?

MON AVIS | Je préfère commencer cet article en vous disant que j’ai ressenti de l’appréhension au moment où j’ai acheté ce livre et que je me suis posé mille et une questions une fois le passage en caisse effectué. Les réseaux sociaux sur lesquels je suis présente (comme bookstagram) m’ont permis de voir des critiques très différentes : des coups de cœur comme d’horribles déceptions. Forcément, sur le coup, ça m’a intriguée. Comment une œuvre peut-elle avoir des avis aussi opposés ? Finalement, j’ai plongé dans ce roman avec une curiosité non feinte puisque le sujet abordé était bien trop original pour que je laisse passer sans me faire ma propre opinion sur la chose. Et, contre toute attente, j’ai adoré au point de lire ce roman en deux fois (au milieu il y a eu un biberon à donner).

Dans cette histoire pour le moins originale nous faisons la connaissance de Ludmila Fitzgerald, une femme âgée de vingt-deux ans que la vie est loin d’avoir, jusque-là, gâtée. En effet, elle a perdu son père et sa mère dans un accident de voiture alors qu’elle n’était encore qu’une enfant et dès cet instant, elle a enchaîné les familles d’accueil sans jamais parvenir à trouver sa place. Quand elle a eu seize ans, elle a réussi à obtenir son émancipation grâce à l’argent que ses parents lui ont laissé, et depuis, son quotidien a pris un nouveau tournant. Elle a pu faire des études et décrocher un diplôme de commerce international, et surtout, elle s’est acheté son propre appartement, un lieu dans lequel elle se sent enfin bien. Quand Gabriella, sa meilleure amie, lui a annoncé qu’elle partait visiter l’Europe avec son compagnon Elliot pour une durée de huit mois, son cœur s’est brisé.. Mais c’est son rêve, alors elle a tu ses pensées et les a gardées pour elle. Après tout, ce n’est qu’un au revoir, pas un adieu. Seulement, alors qu’elle s’apprêtait à rentrer chez elle, Mila a été abordée en bas de son immeuble par un inconnu qu’elle a tout de suite trouvé suspect. Et rapidement, la situation va lui échapper : elle va se faire kidnapper et disparaître de la circulation.

La thématique risque de ne pas plaire à tout le monde mais en ce qui me concerne, je dois dire que j’ai apprécié. On sort des sentiers battus et de notre petite zone de confort, et ça fait du bien. L’autrice a maîtrisé son sujet avec brio et on ressentait ce que ressentaient les personnages. Surtout Ludmila qui, je le rappelle, a été sauvagement arrachée à son quotidien tranquille. Sa peur et son angoisse étaient crédibles et contagieuses, et c’était tout simplement réaliste, effrayant. On se prend d’empathie pour elle, on veut qu’elle s’en sorte. Et puis, pourquoi elle ? Qu’a-t-elle fait de mal ? Dès le début de ses mésaventures, on voit qu’elle est courageuse. Elle sait que le moindre faux pas peut lui être fatal et que ses tortionnaires ne font pas dans la dentelle, mais elle veut s’en sortir. Et pour ça, elle est prête à prendre des risques. Alors oui, elle peut parfois se montrer têtue et obstinée, elle peut même chercher les embrouilles et laisser éclater sa colère voire sa haine, néanmoins, dans l’ensemble, on la comprend. Elle est déterminée et intelligente, mais certainement pas stupide. Elle est même prête à faire ami-ami avec ses ravisseurs pour qu’ils lui accordent ne serait-ce qu’une once de confiance. Vous l’avez deviné, je l’ai beaucoup aimée. Carter O’Connell, quant à lui, est le protagoniste masculin principal, celui qui reste le plus souvent avec la jeune femme et qui la surveille sans cesse. Âgé de vingt-cinq ans seulement, on nous le décrit comme un homme dangereux à l’humeur facilement changeante. Il est sans pitié, froid, dur, impitoyable, cruel et violent. Tantôt gentil et doux, tantôt distant et brutal, il a une personnalité bien étrange qui fait que, avec lui, on ne sait pas sur quel pied danser. Il peut perdre les pédales en un claquement de doigts et son impatience face au comportement tenace de sa victime a de très courtes limites. Seulement, petit à petit, une faille apparaîtra dans son impénétrable carapace et il parlera de son passé, de ses démons, de ce qui s’est brisé en lui. Impossible pour Mila ou le lecteur de lui pardonner les actes qu’il a commis des années durant, cependant, on le cerne un peu mieux. Il n’est pas infaillible et sa propre vie comporte son lot de tragédies. Le deuxième bourreau se prénomme Benjamin — autrement appelé « Ben » — et on remarque qu’il n’est pas comme son acolyte. Non, lui, il est calme et réfléchi, plus posé. Il est également moins présent, mais qu’importe : les passages dans lesquels il apparaissait étaient plaisants.

La psychologie des personnages a été minutieusement travaillée, détaillée. Ludmila était très intéressante et malgré la détresse dans laquelle elle se trouve, elle reste concentrée du début à la fin. Bon, par contre, j’ai parfois eu du mal à comprendre et à accepter certaines de ses réactions. Aurait-elle dit ou fait telle ou telle chose si son ravisseur avait été un psychopathe de quarante-cinq ans ? Carter, lui, a éveillé mon intérêt. C’était un être vraiment instable et complexe (même si j’ai détesté son côté possessif).. Laura S. Wild nous offre là une œuvre atypique, à mi-chemin entre la dark romance et le thriller. Sa plume, que je viens de découvrir, était aussi entraînante que fluide et l’ambiance dépeinte était indubitablement sombre. Les révélations de fin n’étaient pas si surprenantes que ça puisque je m’y attendais depuis pas mal de temps, néanmoins, le voir écrit noir sur blanc m’a fait un petit quelque chose. Syndrome de stockholm, idylle naissante, humanité, rédemption, trahison : tant de sujets profonds et abordés avec une délicatesse hors-normes dans cette histoire qui peut déranger. Je recommande ce livre purement addictif.

Œuvre écrite par : Laura S. Wild.

Nombre de pages : 400 | Éditeur : Hugo Roman | Ma note : 4,5/5.

Date de sortie : 05 septembre 2019 | Prix : 17 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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1 Commentaire

  • Reply Kimysmile 14 décembre 2019 at 14 h 03 min

    J’ai un peu plus de réserves que toi mais j’ai beaucoup aimé quand même 🙂

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