Lectures

Toutes les vies de Margot

2 février 2020

« J’ai fait la guerre, j’ai été prêt à mourir pour un roi et un pays qui n’ont pas toujours été les miens, mais je découvre à présent que l’amour nous rend tous lâches. Quand tu liras ceci, je serai déjà parti. Traite-moi de couard si tu veux, mais je ne supporte pas l’idée de te regarder dans les yeux tandis que je nous brise le cœur à tous les deux. » Extrait du livre, page 254.

RÉSUMÉ | Peut-on détester quelqu’un au présent et l’aimer au passé ? C’est le dilemme de Felicity, dite Fliss, quinze ans, qui a quitté la vie trépidante de Londres pour vivre chez sa grand-mère, dans un trou perdu de la campagne galloise. Ce serait presque supportable si Margot n’était pas si désagréable. Mais les apparences peuvent être trompeuses, et Fliss va découvrir que Margot n’a pas toujours été ce qu’elle est..

MON AVIS | Felicity Baker est une adolescente de quinze ans qui vient de quitter son Londres adoré, son école, sa bande de copines et son quotidien qu’elle aimait tant pour aller vivre au fin fond de la campagne galloise auprès de sa grand-mère maternelle, Margot. Loin de représenter le cliché de la petite dame qui fait des câlins et prépare toutes sortes de bonnes choses à grignoter pour ses petits-enfants, c’est plutôt une personne désagréable que la jeune fille préférerait ne pas avoir à côtoyer. Seulement, sa mère, Julia, vient de vaincre un cancer et elle a besoin de repos. Pour une durée d’environ six mois, donc, il a été décidé qu’elles feraient une pause au sud du pays de Galles, en famille. Felicity n’a pas le choix : elle doit s’adapter à ce nouveau mode de vie et trouver sa place au lycée Ysgol Maes-y-Coed, l’établissement scolaire où elle doit à présent aller. Mais là-bas, rien ne va se passer comme prévu et celle qui pensait se faire des amis grâce à son style va rapidement déchanter. La jeune citadine en aura vite assez et voudra retourner chez elle, même en sachant que c’est impossible. Pour faire passer le temps qu’elle trouve déjà plus que long et parce qu’elle est curieuse comme pas permis, elle va se mettre à fouiller partout à la ferme.. ce qui va l’amener à tomber sur le journal intime de Margot, qu’elle va immédiatement feuilleter. Et ce qu’elle va découvrir pourrait bien tout changer, à commencer par l’image qu’elle a de son aïeule.

Je pose les bases tout de suite : Felicity — autrement appelée « Fliss » — m’a énervée à plusieurs reprises dès le premier chapitre. Je l’ai trouvée immature, malpolie, égoïste, hautaine, naïve et tant d’autres choses encore. Concrètement, elle et moi, ensemble sur plus de 400 pages, c’était mal barré. Mais ce n’est encore qu’une adolescente qui manque cruellement d’expérience (ce qui n’excuse en rien son comportement de gamine tête à claques), alors je me suis dit que je n’avais qu’à passer l’éponge, en espérant que le reste de l’ouvrage soit plus captivant. Et heureusement, il l’est ! Le roman se présente comme ceci : nous suivons la jeune fille et de temps à autre, des extraits du journal de sa grand-mère sont posés. Si les passages concernant Felicity m’ont royalement ennuyée voire agacée parce qu’ils manquaient d’intérêt, ceux qui parlaient de Margot m’ont, au contraire, intriguée. Mieux, c’était passionnant ! Ça parlait de guerre, de nazis, d’homosexualité, de racisme, de maternité, de liens familiaux, d’amour, d’espoir.. Tant de sujets profonds que je ne m’attendais pas à trouver ici et qui, pourtant, ont merveilleusement bien été amenés. La Margot de l’époque était une femme forte, travailleuse, altruiste, ouverte d’esprit, c’était une personne bonne et juste et je l’ai adorée. Quant aux personnages secondaires, j’ai l’impression qu’ils n’ont pas servi à grand-chose. Megan, pour commencer, s’est montrée inutile du début à la fin. Tout comme Dewi, d’ailleurs. Je me suis carrément demandé à quoi ils avaient servi, c’est dire. Danny et Bronwyn (que je préfère appeler « Brownie » parce que c’est plus mignon et plus facile à prononcer) m’ont paru bien sympathiques, malgré leur manque de développement. J’aurai aimé en savoir plus sur eux, ça m’a frustrée. Thom, en ce qui le concerne, a eu droit à un rôle.. particulier. Celui d’une épaule sur laquelle pleurer (je n’en dirai pas plus) ! Julia, la mère de Felicity, m’a émue, c’est une certitude. Néanmoins, je m’attendais à mieux. Finalement, ceux qui m’ont le plus marquée sont évidemment Margot, mais également toutes les personnes qu’elle va rencontrer au cours de cette période de sa vie que l’on découvre en même temps que sa petite-fille. Bess, Doreen, Rick, Glynis, Ivor, etc.

Toutes les vies de Margot est un livre intense, bouleversant, profond, dur et puissant qui amène forcément le lecteur à la réflexion. C’est une œuvre pleine d’émotions qui donne envie de sortir les mouchoirs et qui ne laisse personne (sauf moi) s’en sortir sans verser une petite larme (bonne chance pour me faire pleurer). Même moi, qui a beaucoup de mal à trouver des romans qui me touchent de cette manière, j’ai réussi à être chamboulée. Quant à la fin.. mon cœur s’est brisé et il ne s’en remettra probablement jamais.

Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. Je recommande sans hésiter à celles et ceux qui veulent être bouleversés. Âmes sensibles s’abstenir.. quoique, foncez quand même, vous ne serez pas déçus !

Œuvre écrite par : Juno Dawson.

Nombre de pages : 416 | Éditeur : Milan | Ma note : 3,75/5.

Date de sortie : 22 janvier 2020 | Prix : 17,90 €

________________________________________

Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

vous aimerez peut-être

2 Commentaires

  • Reply Parlons fiction 5 février 2020 at 18 h 58 min

    Bon, bah tu m’as convaincue. Un livre de plus sur ma wishlist donc. En espérant que Felicity ne m’énerve pas trop, j’avoue avoir du mal avec les adolescentes irréfléchies et tête à claque. Mais l’histoire de Margot a l’air très touchante, j’ai hâte de la découvrir 🙂

    • Reply Jessica 6 février 2020 at 11 h 51 min

      Et si jamais ça ne te plaît pas ? La pression que tu me mets, de bon matin !

    Laisser un commentaire