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The kingdom

22 mars 2020

« Il est si près de moi que je ne sens plus que son parfum unique — le sel, les agrumes, et comme une odeur de fumée lointaine. La fumée d’une fusée de détresse. » Extrait du livre, page 241.

RÉSUMÉ | Nous sommes sublimes. Nous n’élevons jamais la voix. Nous devons toujours vous être agréables. Nous ne disons jamais non, à moins que vous ne le vouliez. Vos désirs sont des ordres. Votre bonheur est notre bonheur.

Ana, mi-humaine, mi-robot, est l’une des sept hybrides conçues pour divertir les visiteurs du parc d’attractions Kingdom, petits comme grands. Sa vie prend cependant un autre tournant quand elle est accusée d’avoir assassiné Owen, l’un des membres du personnel. Commence alors un procès haletant, où la vérité n’est pas forcément celle que l’on croit..

MON AVIS | Dès l’instant où j’ai vu admiré la première de couverture et lu dévoré le résumé de ce bel ouvrage, j’ai su qu’il finirait dans ma pile à lire. Grâce aux réseaux sociaux, ma wishlist s’est une nouvelle fois agrandie et, après avoir résisté quelques jours en me disant que non, ce bouquin n’était pas indispensable à ma vie, j’ai fini par craquer.. pour finalement le terminer en une unique journée. Vous vous en doutez, si j’ai achevé ma lecture aussi rapidement, c’est parce que le contenu était à la hauteur de mes espérances. Je m’attendais à tomber sur un univers dystopique incroyable, mais croyez-moi, je ne pensais pas être autant charmée.

Cette histoire se déroule dans un parc d’attractions unique et futuriste qui mêle émerveillement, magie, fantasmagorie, divertissement et nouvelles technologies de pointe avec brio : The Kingdom. Tout comme ses six « sœurs » — respectivement dénommées Kaia, Yumi, Ève, Zara, Pania et Zel —, Ana est une Fantasiste qui a été créée afin de divertir et rendre heureux les visiteurs. Elle est une princesse androïde qui ressemble trait pour trait à une fille et dont la beauté, terriblement réaliste, n’a d’égale que la bonté puisqu’elle est programmée pour être douce, gentille, attentionnée, serviable, aimable envers les enfants et adultes qui viendraient la voir et surtout, obéissante. Seulement, les jours passent et se ressemblent tous.. jusqu’à ce que l’intelligence artificielle fasse la rencontre de Owen Chen, un mystérieux agent d’entretien âgé de dix-neuf ans. Dès lors, elle va commencer à penser par elle-même, à s’interroger sur ce qui l’entoure, à réfléchir, à ressentir différentes émotions et à remettre en question la vie qu’elle a toujours connue. Mais, sans trop que l’on ne sache pourquoi, Ana va subitement être accusée d’avoir assassiné le jeune homme.

Ana est un personnage qui m’a profondément touchée. Je me suis rapidement liée et attachée à elle et j’ai réussi à ressentir ses joies, ses peines, ses inquiétudes, ses incertitudes, sa souffrance. Malgré sa naïveté sans limites et ses pensées quelque peu répétitives — après tout, elle a été programmée pour ça —, elle analyse ce qui l’entoure et réfléchit vite. Mine de rien, elle est très intelligente. D’un autre côté, elle ne remet jamais rien en question, elle fait ce qu’on lui dit de faire et elle accorde aveuglément sa confiance à tout le monde ; bref, les Superviseurs ont de quoi être satisfaits de son comportement. Néanmoins, suite à un évènement bien particulier, la « jeune fille » candide et pure va changer de stratégie. Sa curiosité pourra-t-elle l’amener à comprendre ce qu’il se passe réellement au sein de son parc à thème ? Est-il possible qu’on ne lui ait raconté que des mensonges ? Owen, en ce qui le concerne, m’a beaucoup (..) beaucoup plu. Il cache quelque chose, c’est une certitude, et même avec ce détail plutôt louche je l’ai trouvé mignon. Énigmatique, certes, difficile à cerner, d’accord je le concède, mais mignon. Chacune de ses apparitions m’a fait sauter au plafond (je ne sais pas pourquoi je dis ça) et je regrette juste qu’il n’apparaisse pas plus souvent. Quant aux autres protagonistes, il y a bien Pania — autrement appelée « Nia » — et Ève qui sortent du lot, mais les autres auraient quand même pu avoir plus d’importance.

Je le dis, je le redis, je le répète : j’ai adoré ce livre. L’intrigue était originale, dépaysante, et la construction du récit m’a semblé juste géniale. Le procès se déroule parallèlement à l’histoire de base et les chapitres alternent entre le moment où Owen était encore en vie et celui où il est mort. Il y a eu un avant, il y a eu un après, et à mon sens, l’autrice a merveilleusement bien amené tout ça. La chronologie, les entretiens post-procès et les témoignages font planer un suspense insoutenable (je n’avais qu’une envie : arriver à la fin) et donnent une ambiance toute particulière à l’ouvrage. On nous lance des miettes par-ci par-là, on nous appâte, et ça marche. The Kingdom serait parfait si la fin n’était pas précipitée et si j’avais eu toutes les réponses à mes questions. Pourtant, ce n’est pas si grave que ça et j’ai frôlé le coup de cœur.

Parc d’attractions, contes de fées, hybrides, découverte de soi, hypocrisie, meurtre. Si vous souhaitez découvrir une œuvre dont les décors pourraient aisément faire penser à une sorte de Disneyland sombre, sachez qu’il est inutile d’hésiter un instant de plus. Il vous faut ce livre.

Œuvre écrite par : Jess Rothenberg.

Nombre de pages : 432 | Éditeur : Casterman | Ma note : 4,75/5.

Date de sortie : 04 mars 2020 | Prix : 17,90 €

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