Coups de cœur Lectures

The curse, tome 1

3 novembre 2019

« Kestrel entrouvrit les lèvres. Ce n’était pas un rêve. Et pourtant, la réalité était loin d’être simple. Il sentait la fumée de feu de bois et le sucre. La douceur sous la brûlure. Sa bouche avait le goût du miel qu’il avait léché sur ses doigts quelques minutes plus tôt. » Extrait du livre, page 417.

RÉSUMÉ | Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n’est pas prête à se fermer ainsi à tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kesrel vient de succomber à la « malédiction du vainqueur » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît.. Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.

MON AVIS | Ce premier tome me faisait de l’œil depuis un long moment. Déjà, avant que je ne me le procure et alors qu’il tournait partout sur bookstagram, mais aussi après que je l’aie acheté puisqu’il est resté plusieurs mois dans ma pile à lire. Lors du dernier week-end d’octobre, et après avoir longuement réfléchi, j’ai pris mon courage à deux mains et l’en ai sorti. J’étais curieuse, sceptique, dubitative et impatiente. J’en avais entendu beaucoup de bien et, évidemment, j’ai eu énormément d’attentes. C’est la peur d’être déçue face à ce beau bébé qui m’a bloquée un temps. Fort heureusement, mes craintes n’étaient pas fondées et cette œuvre m’a littéralement charmée ! Laissez-moi vous expliquer mon avis plus en détails.

Voilà bien des années qu’une terrible guerre a opposé le peuple des Herranis à celui des Valoriens. Ces derniers, qui ont remporté la victoire, ont fait de leurs adversaires des personnes asservies et assujetties. Kestrel, fille de Trajan — le grand général de cet empire conquérant —, est l’héroïne de cette histoire. Au début du roman, nous la découvrons alors qu’elle se promène sans escorte et en compagnie de son amie Jess, une jeune femme de la haute société. Et, alors qu’elles avancent sans trop regarder où le chemin qu’elles empruntent les mènent, elles se retrouvent au marché des esclaves. Les ventes sont sur le point de commencer et il y a trop de monde pour faire machine arrière : elles sont contraintes de rester sur place. Elles attendent, donc, et regardent ce qui se déroule devant leurs yeux. Vient le moment où l’orateur, celui qui gère ces enchères, fait venir un nouveau captif. Il s’agit d’un bel homme de dix-neuf au tempérament rebelle et aux yeux clair, d’un gris presque glacial. Emportée par un élan qu’elle n’arrivera jamais à expliquer, Kestrel va l’acheter. Débute alors une étrange histoire qui ne laissera personne en sortir indemne.

J’ai beaucoup aimé le protagoniste féminin principal, Kestrel, qui est âgée de dix-sept ans seulement. Malgré son absence totale de talent pour le combat et alors qu’elle est la fille d’un général, elle déborde de qualités que toutes ne possèdent pas forcément. C’est une fine stratège au caractère bien trempé qui connaît sa position ainsi que les responsabilités qui lui incombent. Elle est très attentive et analyse ce qui se déroule autour d’elle, elle est intelligente, futée, perspicace et pleine d’esprit. Loin du cliché de la petite riche naïve et hautaine (quoiqu’un peu), elle reste humaine, avec ses points forts et ses faiblesses. Malheureusement, de par son rang, deux terribles choix s’offrent à elle : s’enrôler dans l’armée alors qu’elle refuse catégoriquement de prendre la moindre vie, ou se marier à un membre de l’aristocratie et fonder une famille. Mais notre héroïne ne veut pas d’une vie comme ça. Elle aime la musique — alors que cet art est réservé aux esclaves — et se rebelle souvent parce qu’elle veut un troisième choix. Parlons maintenant du héros. Dans les premiers chapitres, il se fait appeler « Forgeron ». Sauf que son véritable nom, c’est Arin. Arin, l’esclave que Kestrel a acheté. Observateur, calculateur, méprisant et mystérieux, c’est un personnage plutôt secret qui est loin de correspondre à l’idée que l’on se fait de lui au moment où on le découvre. Il cache bien son jeu et ne dévoilera les cartes qu’il a en mains qu’à la toute fin. En dehors de ça, c’est un homme direct qui m’a impressionnée grâce à son franc-parler. Même si son statut lui intime l’ordre de s’écraser face aux plus aisés, il n’en fait rien. Du moins, avec la jeune femme. Tantôt familier, tantôt distant, il possède une étrange façon de faire et d’agir qui laissera le lecteur dans le flou le plus total. Que veut-il réellement ? Parmi les autres personnages nous avons Jess, qui est vraiment attachante ; Ronan, son frère, que j’ai trouvé touchant ; Irex, qui déborde de haine et dont la fierté n’a d’égale que sa cruauté ; Enai, une affranchie ; le général, un père dur qui veut le bonheur de sa fille et de son peuple ; et tant d’autres encore.

Je ne l’ai pas encore précisé mais ce premier tome a été pour moi un véritable coup de cœur. Dès l’instant où je l’ai commencé, impossible de le lâcher. L’intrigue est bien ficelée, c’est complexe, riche, horriblement passionnant, le rythme est saisissant, on ne s’ennuie pas une seule seconde, la plume de l’autrice m’a entraînée jusqu’à la dernière page, bref, j’ai adoré. Jeux de pouvoir, manipulations, stratégies militaires, complots, vengeance : tout est là pour passer un bon moment. Et puis, la romance qui lie nos deux héros est loin de ressembler aux autres du genre. Ici, les sentiments qu’ils éprouvent ne sont pas apparus en un claquement de doigts. C’est venu progressivement, et ce détail-là a rendu leur histoire crédible. Je commence à en avoir assez des jeunes qui tombent amoureux au premier coup d’œil. Aussi, ils ont beau ressentir des choses l’un pour l’autre, chacun a un objectif en tête, chacun défend ce qu’il croit être juste. Ils se battent pour leur liberté, quitte à être ennemis. À présent, il ne me reste plus qu’à me procurer les deux autres tomes !

Œuvre écrite par : Marie Rutkoski.

Nombre de pages : 464 | Éditeur : Lumen | Ma note : 5/5 — coup de ♥

Date de sortie : 16.02.2017 | Prix : 15 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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2 Commentaires

  • Reply bookaholicsisters 7 novembre 2019 at 20 h 10 min

    Très belle chronique ! Tout comme toi ça fait un petit moment que ce livre me fait de l’oeil et que je n’ose pas me laisser de peur d’être déçue. Mais au vu de ta chronique je t’en qu’il est tant que je prenne mon courage à deux mains et que je me plonge dans cette lecture très prochainement !

    • Reply Jessica 7 novembre 2019 at 20 h 49 min

      Merci beaucoup ! As-tu déjà eu l’occasion de lire « la couleur du mensonge », par Erin Beaty ? Si oui, sache que j’ai trouvé des similitudes aux deux romans.. et qu’ils ont été des coups de cœur. Et si ce n’est pas le cas, n’aie aucune crainte : l’œuvre imaginée par Marie Rutkoski est génialissime, tout simplement. 😉

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