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Taxonomie de l’amour

17 juillet 2020

« J’ai beaucoup appris sur les réactions que les gens peuvent avoir quand ils sont confrontés à la différence. Parfois, ils réagissent mal parce qu’ils sont déstabilisés, ou parce qu’ils sont tellement stressés qu’ils disent la pire bêtise qui leur passe par la tête. Mais ce ne sont pas de mauvaises personnes. Pour la plupart, en tout cas. » Extrait du livre, page 284.

RÉSUMÉ | « Chose à savoir sur Hope Birdsong, ma nouvelle voisine : je suis sûr à genre 80% qu’elle a des pouvoirs magiques. Elle fait peur à des brutes deux fois plus grandes qu’elle, elle aime grimper aux arbres, ses cheveux sentent le chèvrefeuille en fleur, et elle ne se moque pas de mon syndrome de La Tourette. Chose à savoir sur Hope Birdsong : elle ne sera jamais, jamais, JAMAIS amoureuse de moi. » Il n’a fallu que quelques heures à Spencer pour arriver à ces conclusions. Mais il y a aussi une chose à savoir sur lui : après avoir rencontré Hope Birdsong, sa vie ne sera plus jamais, jamais, JAMAIS la même.

MON AVIS | L’histoire commence alors que Spencer Barton est âgé de treize ans. De nouveaux voisins viennent d’emménager juste à côté de chez lui et c’est de cette manière qu’il fait la connaissance de Hope Birdsong, une belle jeune fille aux cheveux blancs (et non blonds). Immédiatement, il la trouve spéciale : elle est gentille, elle n’a peur de rien ni de personne, elle grimpe aux arbres, et surtout, elle ne se moque pas de son syndrome de Gilles de la Tourette, alors que certains ne se gênent pas pour le faire. Très vite, ils vont se lier jusqu’à former un duo que rien ne peut séparer et ils feront tout ensemble, pour finalement devenir des meilleurs amis. Pourtant, les semaines, les mois, les années vont passer et la frontière entre l’amitié qui les unit et un sentiment tout aussi fort va finir par s’estomper pour laisser place à un ras-de-marée émotionnel qui risque bien de tout chambouler.

J’ai aimé les personnages, et plus particulièrement Spencer. Il est gentil, attentionné, doux et tellement incroyable. À chaque période un peu difficile de sa vie, j’ai eu envie de le protéger et de lui dire que tout allait bientôt finir par s’arranger. Même s’il n’a pas toujours pris les bonnes décisions ou fait les bons choix quand il le fallait, il n’a jamais cessé de penser aux autres. De plus, ce garçon n’a toujours souhaité qu’une chose : être apprécié et accepté pour ce qu’il est, et non plus être catégorisé, jugé et humilié à longueur de temps parce qu’il a un problème de santé. On le voit faire face à ses soucis (envers lui-même et les autres), alors, il n’a pas besoin que son entourage en rajoute. Et rien que pour ça, j’ai envie de dire qu’il mérite tout le bonheur du monde. C’est un cœur pur. Hope, quant à elle, m’a également charmée (quoiqu’un peu moins par moments). C’est une fille forte — parfois forte tête et rien d’autre — et déterminée qui sait ce qu’elle veut. Malheureusement, à la suite d’un évènement qui va bouleverser sa vie et tout ce qu’elle pensait connaître, rien ne sera jamais plus comme avant. L’adolescente unique, attendrissante et joyeuse va laisser place à une personne triste, en colère et brisée qui tentera désespérément de garder la tête hors de l’eau. À partir de là, il m’est arrivé de la trouver égoïste, voire injuste. Cependant, son évolution m’a émue : elle était crédible. Dean, en ce qui le concerne, était difficile à supporter au début de l’ouvrage. Il intimide son cadet et ne cherche pas plus que ça à l’aider, et pour un frère aîné, j’ai trouvé ça tellement bas. C’est un imbécile de première. Néanmoins, au fil du temps, il a mûri et s’est rapproché de lui, ce qui m’a permis de l’apprécier (un peu) et de saluer ses efforts. Dommage qu’ils entretiennent une relation « étrange » où chacun aime sortir avec les ex-copines de l’autre.. Quant à leur famille, disons qu’ils ne m’ont pas emballée plus que ça. Seule Pam, la belle-mère plus que fantastique qui cherche toujours à aider Spencer et qui fait de superbes tartes, est sortie du lot.

Vous ne le savez peut-être pas mais cette histoire s’étend sur plusieurs années. On voit donc les personnages principaux grandir, mûrir, évoluer tant bien que mal, s’adapter, et les changements majeurs de leurs existences nous sont décrits. Ils passent du statut de pré-adolescents à celui de jeunes adultes et bon sang ce que c’était réaliste et crédible. Concrètement, lire ce livre, c’était comme voir leurs vies défiler devant nos yeux. Taxonomie de l’amour est une œuvre magnifique à bien des égards et, même si je ne connais pas le syndrome dont est atteint Spencer, j’ai l’impression (peut-être fausse, cela reste à confirmer) que l’autrice a touché dans le mille. Pour moi, tout était merveilleusement bien décrit et expliqué. J’ai appris des choses et c’était très intéressant.

Sinon, j’ai aimé le style poétique de l’autrice ainsi que sa plume, que j’ai trouvée fluide et entraînante. Elle avait un je ne sais quoi d’addictif. Aussi, certaines choses m’ont paru originales : une partie de l’ouvrage est rédigée au format épistolaire et nous avons droit à des échanges, des lettres, des messages et des mails, ce qui apporte une touche bien sympathique à l’histoire et à l’objet livre. Les schémas et taxonomies de Spencer, finalement, m’ont beaucoup inspirée. Quant aux références de la culture pop (Harry Potter, l’étrange noël de Mr. Jack, Pokémon..), disons qu’elles étaient bien placées !

Ce bel ouvrage aborde différents thèmes : l’amitié, les voyages, les différences, la maladie, la mort, le deuil, le racisme, les relations frères / sœurs, les premiers émois, l’intimidation, la lutte, les drames, les tragédies, le passage à l’âge adulte, l’amour.. la vie, tout simplement (et la nourriture.. tellement de nourriture). Cette histoire a beau être touchante et mignonne, elle a ses propres passages sombres. Je regrette juste que nos héros aient gâché tant d’années alors que la seule chose à faire était de se parler franchement, à cœur ouvert. Mais c’est ce qui fait de ce roman une si belle découverte. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée.

Œuvre écrite par : Rachael Allen.

Nombre de pages : 448 | Éditeur : Bayard | Ma note : 4/5.

Date de sortie : 1er juillet 2020 | Prix : 14,90€

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