Lectures

Les oubliées

30 octobre 2019

« Au bout d’un moment, on aurait dit que nous avions été transportées dans un lieu totalement différent. Je n’aurais su l’expliquer : les arbres étaient les mêmes, et ce n’était pas comme si nous nous retrouvions soudain au beau milieu de la nuit. Mais j’avais l’impression d’être dans une autre forêt, dans un autre temps. Un temps où les contes de fées étaient réels et où de grands méchants loups rôdaient dans les bois. Je compris alors pourquoi Grand-Mère trouvait cet endroit dangereux. » Extrait du livre, pages 84 et 85.

RÉSUMÉ | Le cauchemar ! Josie et sa petite sœur s’installent chez leur grand-mère pour un séjour à durée indéterminée. Le pire, c’est que la maison, isolée, au milieu de nulle part, donne sur une forêt sombre et menaçante. Dès leur arrivée, leur grand-mère impose des règles strictes :

  • Ne jamais traverser les bois.
  • Ne jamais laisser entrer une poupée dans la maison.
  • Ne jamais ouvrir les fenêtres après le coucher du soleil.

Mais Josie oublie vite ces consignes, persuadée que sa grand-mère n’a plus toute sa tête.. Et, chaque nuit, Josie fait le même rêve inquiétant : une voix d’enfant l’appelle à l’aide. Elle n’a plus qu’une idée en tête : fuir ! Mais il est peut-être déjà trop tard.

MON AVIS | Est-ce que vous faites partie de ces personnes qui, enfants, étaient effrayées par les poupées de porcelaine ? Est-ce que, même des années plus tard, après avoir grandi, cette inexplicable peur vous hante toujours un tout petit peu ? Est-ce que le simple fait de penser à en poser une à côté de vous la nuit, sur votre table de chevet, vous procure quelques frissons ? Est-ce que la couverture du roman illustré sur la photo de mon article vous met mal à l’aise ? Si la réponse à ces quatre questions est de nature positive, installez-vous bien confortablement : cette histoire devrait vous plaire..

Ici nous faisons la connaissance de Josie, une pré-adolescente qui s’apprête à faire sa rentrée au collège en sixième, et Anna, sa petite sœur âgée de sept ans seulement. Leur maman a perdu son travail et, pour ne pas laisser seule sa propre mère qui est en train de perdre la mémoire à cause de la maladie d’alzheimer et aussi pour faire une pause, il a été décidé qu’elles iraient toutes les trois vivre un temps chez elle. Elles ont donc quitté Chicago, leur école, leurs amis, et leur vie d’avant pour aller s’installer dans une immense maison particulièrement isolée et entourée par une profonde et lugubre forêt. En plus, le réseau est tellement nul qu’il est compliqué d’envoyer des messages. Impossible donc pour Josie de contacter ses copines. Cette situation est loin de l’emballer, elle qui, déjà, imagine à quel point elle va s’ennuyer. Mais, à peine arrivées à destination, l’aïeule va imposer des règles pour le moins étonnantes aux enfants. Premièrement, les fenêtres de leurs chambres devront toujours rester fermées après la tombée de la nuit. Deuxièmement, aucune poupée ne devra franchir la porte d’entrée. Troisièmement, elles ne devront jamais s’aventurer dans la forêt et s’approcher de la maison dans les bois parce que c’est là que vit Beryl, une entité qui les a repérées et qui leur veut du mal. Si, au départ, notre héroïne pensait que tout ceci était absurde et que sa grand-mère perdait la raison, elle va vite réaliser que non, au contraire, c’est bien réel.

Josie m’a, sans aller jusqu’au coup de cœur, assez charmée. C’est une jeune fille dont la vie vient de radicalement changer et qui essaie tant bien que mal de s’adapter à son nouveau quotidien. Mais c’est bien connu, plus facile à dire qu’à faire. Non seulement la forêt autour de la maison de sa grand-mère lui procure quelques frissons mais au collège, en plus, l’accueil n’est pas des plus agréables : les autres élèves ne veulent pas d’elle dans leurs bandes, on se moque, on parle dans son dos, et certains en viennent même à la chahuter. Pour un premier jour, ce n’est franchement pas glorieux. Heureusement, elle fera vite la connaissance de Vanessa, un personnage étrange que tous fuient mais avec qui elle va se lier d’amitié. Elle est gentille, elle s’intéresse à elle, elle lui pose des questions, elle a l’air sincère. Alors dans ce cas, pourquoi Josie reçoit-elle des messages anonymes dans son casier lui disant de se méfier d’elle ? Est-ce que les gens voudraient la séparer de sa future meilleure amie ? Ou bien, est-ce qu’ils tentent de l’avertir d’un potentiel danger ? Anna, quant à elle, est plus mise en retrait, même si son rôle a son importance dans le récit. Ce n’est encore qu’une enfant, aussi, elle pourrait bien être une cible plus facile..

Concrètement, j’ai beaucoup aimé l’intrigue. L’histoire est centrée sur, vous l’avez compris, des poupées, et ça m’a plu. Je n’ai pas l’habitude de voir ce genre de choses dans mes lectures, aussi, j’ai facilement plongé dans celle-ci. La plume était fluide, tellement d’ailleurs que j’ai lu ce roman d’une seule traite. Quant à l’ambiance, elle avait quelque chose de lourd, de pesant. Un climat d’insécurité se faisait ressentir, et ce, dès les premiers chapitres. Comme Josie, on avait l’impression d’être observés. Le danger est partout, mais peut-être s’est-il déjà fait une place à nos côtés ?

Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre, et pour la confiance qui m’a été accordée. J’ai pu découvrir un chouette bouquin.

Nombre de pages : 272 | Éditeur : Bayard | Ma note : 3,75/5.

Date de sortie : 16.10.2019 | Prix : 13,90 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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