Lectures

Les menteurs de Mariposa

2 septembre 2020

« Parfois, je serais prête à mourir pour Joaquin. Je ferais tout pour lui. À d’autres moments, j’ai l’impression qu’on joue juste nos rôles de frère et sœur comme dans une sitcom débile sans rien partager de vrai. Et c’est de plus en plus ce que je ressens. » Extrait du livre, page 38.

RÉSUMÉ | Été 1986. Île de Mariposa, Texas. Chaque été, Elena Finney fait du baby-sitting pour la famille Callahan. C’est le seul moyen pour elle d’échapper quelques heures à sa mère, possessive, manipulatrice et incontrôlable. C’est le seul moyen pour elle de voir son petit ami en cachette. Joaquin Finney a, lui aussi, un secret : il prévoit de quitter l’île pour rejoindre un père inconnu qui, d’après Mamita, vivrait en Californie. Ce plan, il n’en a parlé à personne, excepté à sa soeur. Mais si Elena craque et avoue tout à Mamita… que se passera-t-il ?

MON AVIS | Quand Jennifer Mathieu a écrit Moxie et que son livre est sorti en France, j’ai laissé passer l’occasion d’en savoir plus sur sa plume, qui a pourtant rencontré un certain succès. Alors, le jour où j’ai appris qu’un autre de ses livres allait être traduit dans notre pays, j’ai immédiatement sauté dessus. Ses œuvres ont réussi à me passer sous le nez il y a un an, d’accord, mais je ne me fais pas avoir deux fois à la suite, moi. Je voulais voir de mes propres yeux ce que valaient ses romans et comprendre une chose : pourquoi un tel engouement ? Donc j’ai attendu que le petit dernier arrive dans ma boîte aux lettres et aussitôt reçu, aussitôt lu !

Elena Finney est une adolescente de seize ans, presque dix-sept, qui veut profiter de ses vacances d’été avec ses amis. Malheureusement pour elle, sa mère — une femme qui se noie dans l’alcool depuis toujours ou presque et qui ne cesse de traquer ses moindres faits et gestes — risque bien de ne pas être d’accord. Pour échapper à son contrôle, elle va tout miser sur son travail (le même depuis un moment) qui consiste à garder les enfants des Callahan, un couple de riches qui vient prendre du bon temps sur l’île de Mariposa une semaine par an. Enfin une excuse pour sortir de la maison ! Cependant, la jeune femme a une idée derrière la tête. Elle craque pour un garçon bien précis.. Joaquin, en ce qui le concerne, a d’autres préoccupations. Son travail au restaurant lui prend pas mal de temps, sa nouvelle copine également, mais surtout, il s’inquiète pour sa petite sœur, qui subit la colère d’une génitrice abusive plus que lui juste parce qu’elle est une fille. Aussi, il commence à prendre du recul sur la situation qui les entoure, sa famille et lui, ce qui va l’amener à se poser des questions, à réfléchir, à vouloir prendre son envol loin de cet environnement toxique. Pourtant, plus que tout, il souhaite une chose : retrouver la trace de son père, un homme qui les a tous abandonnés et dont il ne garde aucun souvenir. 

Ce bouquin raconte l’histoire d’une famille dysfonctionnelle de trois personnes qui vit aux États-Unis et est originaire de Cuba. Nous avons Elena, la fille et sœur ; puis Joaquin, le fils et frère ; et enfin Caridad, la mère. Le titre est très bien choisi puisque les mensonges sont le thème principal de l’ouvrage. Chacun ment, aux autres et à lui-même, et le lecteur se demande parfois jusqu’où ils sont tous capables d’aller. Ils sont seuls, perdus, désorientés et ne savent pas forcément vers qui se tourner. Pour tenter de reprendre le dessus sur une situation familiale qui les dépasse et affecte tout (eux, pour commencer, mais aussi les relations qu’ils entretiennent avec d’autres), ils vont enchaîner les tromperies. Et plus les chapitres défilent, plus on s’en rend compte. C’est malsain, et au lieu d’essayer de renforcer les liens qui sont sensés les unir, ils s’éloignent encore et encore. Rien ne change vraiment, rien n’évolue, ils fuient les problèmes au lieu de les affronter et à la fin, on est en au même point qu’au premier chapitre.

C’est un livre qui parle d’abus (pas sexuels — je précise, on ne sait jamais), de tristesse, d’espoirs envolés, de drames et de secrets. Une idée intéressante qui a éveillé mon intérêt mais qui, pourtant, ne m’a pas convaincue. C’était long, c’était lent, c’était plat, c’était mou, bref, je crois que j’ai perdu mon temps. À part un ennui profond, je n’ai rien ressenti. Elena est aussi stupide que méchante, sa mère n’est qu’une dangereuse manipulatrice qui se croit au-dessus des autres et qui n’assume pas ses actes, J.C. n’est qu’un abruti fini (et accessoirement un drogué), Amy est gentille mais n’apporte rien à l’histoire, Michelle est la meilleure amie de l’héroïne et ça s’arrête là, Miguel sert de punching-ball et se fait rabaisser à longueur de temps, et Joaquin est le seul sensé de l’île (ouf, au moins un). Sinon, la plume / traduction n’a rien d’extraordinaire, il ne se passe pas grand-chose, la fin est particulière (qu’est-ce que c’est que ça, franchement ?) et, vous l’avez compris, je n’ai pas apprécié ma lecture. En fait, le plus gros point positif que j’arrive à trouver à cette œuvre c’est sa couverture, que je trouve simple et en même temps, magnifique.

Les menteurs de Mariposa est un beau flop mais rien ne dit que vous n’aimerez pas cette histoire à votre tour. Chacun ses goûts, il paraît. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée.

Œuvre écrite par : Jennifer Mathieu.

Nombre de pages : 352 | Éditeur : Milan | Ma note : 2/5.

Date de sortie : 19 août 2020 | Prix : 15,90 €

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