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Les dragons de l’impératrice

8 avril 2020

« Elle avait préféré ignorer ces sentiments, parce que la force qui la traversait en cet instant était tout bonnement terrifiante. Qui aurait cru qu’il était possible d’aimer si fort ? Ce genre d’ennemi est aussi impensable que dangereux, car elle n’avait aucune envie de le combattre. » Extrait du livre, page 207.

RÉSUMÉ | « La princesse Turandot était maudite. Elle était née avec un démon dans la tête. » Au cœur de la cité impériale, entre les paravents, les ombrelles et les coiffes des nobles dames, rôde un murmure, prémisse d’une terreur sans nom. La princesse Turandot cache le monstre qui l’habite dans le sang et la cruauté tandis que l’empereur, son père, détourne le regard. Dans l’ombre, l’avènement du démon approche. Les chemins de trois héros vont s’entremêler et croiser celui de la Princesse Cruelle. Destinée, chance ou malédiction ? Hua Mulan, qui dissimule sa féminité depuis des années, le général de guerre Shen et Calaf, le prince déchu, devront chercher ce qu’on ne peut trouver pour tenter de délivrer l’héritière et le peuple. Mais l’empire, coupable et corrompu, peut-il seulement être sauvé ?

MON AVIS | L’histoire qui nous est présentée se déroule sur une unique temporalité, pourtant, j’ai envie de dire qu’elle est séparée en deux. Nous y découvrons plusieurs personnages (quatre principalement) qui ne se connaissent pas forcément et dont les destins vont, tôt ou tard, finir par se croiser et s’entremêler. Avant que cela n’arrive, ils vont avancer chacun dans leur coin — ou plus précisément, il vont agir par paires — et nous les suivrons au cours de leurs périples respectifs. Pour commencer, nous avons le maillon central de la chaîne, celle autour de qui tout tourne : Tuoba Turandot, une jeune femme surnommée « Rän » et réputée pour ses horribles actions qui lui ont valu le surnom de « princesse cruelle » par le peuple. À ses côtés se trouve Calaf de Tartarie, un prince déchu qui a été dépossédé de tout ce qu’il avait il y a déjà bien longtemps et qui, dorénavant, n’a plus rien à perdre. Parallèlement à ce tandem nous nous intéresserons à Ming Shen et Hua Mulan — que l’on connaît tous un minimum et qui, ici, se fait plutôt appeler « Hua Dangpo » —, tous les deux généraux. Mais leurs vies vont basculer dès lors qu’une mission aussi surprenante que dangereuse les liera : en effet, la princesse a un démon dans la tête depuis sa naissance et, quoi qu’en pense l’empereur, son propre père, ce maléfice pourrait bien mener le monde à sa perte.

Vous ne le savez peut-être pas mais la maison d’édition Magic Mirror est spécialisée dans le merveilleux, et donc, dans les contes de fées. Les dragons de l’impératrice est le premier livre que je découvre et qui vient de chez eux. Mulan n’est pas mon disney préféré, néanmoins, je lui voue un attachement particulier (d’autant plus que j’aime faire des recherches sur les origines de ce type de légendes). Pour le coup, j’ai eu énormément d’attentes, et en plus de cela, la peur d’être déçue. Alors, ai-je été comblée ? Vous le saurez bien assez tôt..

Parlons peu, parlons bien, parlons des protagonistes. Qu’il s’agisse de la princesse impériale, de l’étranger ou des deux généraux, je les ai tous appréciés. Voilà, ça y est, c’est dit. Différemment, certes, mais chacun a réussi à me toucher et à m’émouvoir. Turandot, pour sa force de caractère et sa détermination sans faille ; Calaf, pour sa bravoure et son entêtement ; Shen, pour la sincérité de ses propos et son honnêteté ; et Mulan, pour ses sacrifices passés et à venir. Tous ont un rôle capital à jouer ici et tous ont merveilleusement bien été dépeints. Je suis sous le charme depuis le prologue, vous vous rendez compte ? Ils ont du charisme, ils sont plaisants à suivre, ils sont intelligents, attachants, courageux, et tant d’autres choses encore. J’ai adoré découvrir le vrai visage de Turandot, celle qu’elle est vraiment sous le masque qu’elle porte continuellement ; j’ai adoré Calaf, qui veut à tout prix connaître la vérité, quitte à se jeter dans la gueule du loup ; j’ai adoré Shen, même si j’ai trouvé qu’il était le moins travaillé, et bon sang mon cœur a manqué un battement quand il s’est dévoilé ; et j’ai adoré Mulan, qui a beau avoir gravit les échelons rapidement, reste une humaine avec ses forces et ses faiblesses. En ce qui concerne les personnages secondaires, je dois dire que j’en ai aimé quelques-uns. Parmi lesquels Force Printanière, que je vois un peu comme le garde du corps attitré de la princesse ; Liu, la jeune servante des parents de Calaf, celui avec qui elle a grandi ; et bien sûr Xiao Feng Bao, un gardien — et surtout un dragon — tellement incroyable que sans lui, l’histoire serait moins palpitante (si si, je vous jure) ! Quant à l’antagoniste, ou au gros méchant si vous préférez, disons qu’il peut plaire comme déplaire. Personnellement, je me situe dans la première catégorie..

Je ne découvre la plume de l’autrice que maintenant et le moins que je puisse dire, c’est qu’elle est fluide et agréable. Les pages et les chapitres ont défilé avec une aisance folle et malgré mon rythme de lecture que je qualifierais de réduit ces jours-ci, la fin est très (trop ?) vite arrivée. J’admire les thèmes qu’elle a choisis pour créer son ouvrage : il y a bien évidemment le mythe de Mulan, mais en plus (et j’ai dû me renseigner un peu sur le sujet avant d’écrire ces quelques lignes), l’opéra de Turandot est évoqué. Quelle histoire ! C’était juste incroyable, je suis soufflée. On a de l’action, des rebondissements, des héros forts, une intrigue folle, et on passe par diverses émotions au fil de l’avancée du récit. En fait, j’ai passé un excellent moment de lecture et j’ai tout aimé dans ce que j’ai lu. Seules ombres au tableau : les nombreuses fautes d’orthographe et parfois le manque de ponctuation (une fin de phrase sans point, par exemple) ou d’accents. Ce qui explique la note que j’ai attribuée à l’ouvrage, parce qu’en dehors de ça, tout était génial. Certes je ne suis pas irréprochable en français, mais ici j’ai été gênée.

Chine ancienne, légendes, divinités, complots, conspirations, machinations, mensonges, honneur, amour : si ce cocktail explosif ne vous donne pas envie de vous jeter à corps perdu dans la découverte de cet ouvrage dramatique mais ô combien puissant, je ne sais pas quoi vous dire de plus. Merci aux éditions Magic Mirror pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. Il s’agit de mon premier partenariat avec eux, et je suis bien contente d’être tombée sur une pépite comme ça.

Œuvre écrite par : Alice Sola.

Nombre de pages : 392 | Éditeur : Magic Mirror dans la Collection Enchanted | Ma note : 3,75/5.

Date de sortie : 16 mars 2020 | Prix : 19,50 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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2 Commentaires

  • Reply Evy 12 avril 2020 at 15 h 41 min

    J’ai vu passer ce roman sur pas mal de blogs. Il est dans ma wish-list, j’espère pouvoir le lire rapidement.

    • Reply Jessica 13 avril 2020 at 12 h 35 min

      Oh oui, n’hésite vraiment pas ! Je me répète mais je l’ai beaucoup aimé. Je croise les doigts pour qu’il en soit de même avec toi. 😉

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