Lectures

Le Joyau, tome 1

22 mars 2019

« Les mâchoires serrées, je me tourne vers la vitre et porte le regard sur le paysage. Elle ne me laisse aucune marge de manœuvre. J’ai beau essayer, rien de ce que je fais ne la décontenance. Mon impertinence l’amuse autant que ma soumission. » Extrait du livre, pages 158 & 159.

RÉSUMÉ | Le Joyau, haut lieu et cœur de la Cité Solitaire, représente la richesse, la beauté, la royauté. Mais pour une jeune fille pauvre comme Violet Lasting, le Joyau est avant tout synonyme de servitude. Et pas n’importe laquelle : Violet a été formée pour devenir Mère-Porteuse. Car dans le Joyau, le vrai luxe est la descendance.. Achetée lors de la Vente aux Enchères par la Duchesse du Lac, Violet – le lot 197, son nom officiel – va rapidement découvrir la réalité brutale qui se cache derrière l’étincelante façade du Joyau. S’exercer à la cruauté, à la trahison et aux coups bas est la distraction favorite de la noblesse. Violet doit accepter son sort et tâcher de rester en vie.

MON AVIS | Quand je me suis procuré ce premier tome, j’en étais persuadée, j’allais l’adorer. La déception n’en fut que plus grande quand j’ai compris que non, ça n’allait pas trop trop le faire. Certains détails, dont je vous parlerai plus bas, m’ont clairement horripilée. D’autres, fort heureusement, m’ont assez plu, ce qui fait que mon avis est plutôt mitigé.

Dans ce roman dystopique nous découvrons la Cité Solitaire, une monde sombre et cruel divisé en cinq cercles, séparés les uns des autres par un mur. Le Marais, à l’extérieur, est le plus pauvre. Vient ensuite la Ferme, lieu de production des récoltes ; la Fumée, où sont implantées les usines ; puis le Commerce, où se regroupent les marchands ; et enfin le Joyau, où réside la royauté. Je vous le donne en mille, Violet Lasting, notre héroïne âgée de seize ans à peine, est originaire de la zone la plus appauvrie économiquement parlant. Arrachée à sa famille au début de sa puberté quand des médecins ont découvert qu’elle n’était pas comme les autres et avait un potentiel caché, la jeune fille évolue maintenant dans un centre spécialisé. Formée dans le but de devenir une mère-porteuse, Violet compte les jours qui la séparent de la Vente aux Enchères, jour où elle perdra son identité, deviendra un lot, et finira achetée par un membre de la haute.

Concrètement, je ne m’attendais pas à ce que l’autrice nous présente un univers aussi effrayant et, disons-le franchement, glauque. Je ne vois pas comment elle a fait pour tomber sur une idée pareille, mais chapeau, l’univers est bien développé, et on arrive sans problème à imaginer les vies misérables réservées aux jeunes demoiselles destinées à porter les enfants de personnes qui se fichent éperdument d’elles. Traitées comme des esclaves dès leur plus jeune âge, elles vivent dans l’angoisse de savoir si elles finiront dans une famille qui prendra soin d’elles ou qui, au contraire, leur fera vivre un véritable enfer. Violet, en ce qui la concerne, n’est pas si mal tombée, si on prend en compte le fait qu’elle aurait pu avoir une maîtresse bien plus horrible. La Duchesse du Lac, de son petit nom Pearl, m’a beaucoup intriguée. Elle est impitoyable, sait se faire respecter, ne se laisse pas marcher dessus, tient tête aux nobles qui la prennent de haut, et essaie (parfois) de se montrer gentille (plus ou moins) avec la protagoniste principale. Violet, en revanche, m’a donné plus de fil à retordre. D’accord elle hait la société dans laquelle elle vit, d’accord je serais incapable de subir ce qu’elle subit, mais au bout d’un moment, ça suffit, il faut faire preuve d’un minimum de logique : on ne mord pas la main qui nous nourrit, au risque de s’en prendre trois dans la tronche.

Mon intérêt s’est particulièrement tourné vers Raven, la meilleure amie de l’héroïne. Tête brûlée, forte, courageuse, amusante, c’est une vraie battante. À mon grand regret, on ne la voit pas assez.. Annabelle, quant à elle, a éveillé ma curiosité. Lucien, Garnett, et certains riches sont intéressants, quoique pas assez développés dans ce premier opus. À voir ce que leur réserve les deux suites !

Vient enfin le moment que j’ai tant redouté : celui où je vous parle de ces choses qui ont gâché ma lecture. Déjà, les similitudes envers l’univers de Kiera Cass. Certes les deux histoires sont loin de se ressembler, malgré tout, j’ai trouvé dérangeant de penser parfois à ces sagas en même temps. Ensuite (et j’ai vu que c’était le cas pour beaucoup), il y a aussi eu la romance. Je n’ai trouvé le duo ni sincère, ni même crédible. Leur relation démarre comme ça, d’un coup, on ne sait pas trop pourquoi. J’ai adoré le jeune homme, mais quand il se trouve aux côtés de Violet, j’ai l’impression qu’il perd tout son charme.. et c’est réellement dommage. Dernier point, le côté fantastique / magique auquel je ne m’attendais absolument pas.

Pour résumer, ce roman a de nombreux défauts, mais je l’ai dévoré d’une traite tant j’ai été happée par les événements qui se succédaient. Le rythme n’est pas fifou, l’action n’est pas omniprésente, l’intrigue se met en place doucement, la fin est prévisible, cependant, divers atouts ont égayé ma lecture : les complots, les enjeux politiques, les trahisons, les meurtres, les coups bas, l’imagination de Amy Ewing, tout simplement ! Je ne suis pas pressée de découvrir le second tome, mais je l’ajoute quand même à ma wishlist, sait-on jamais. 

Nombre de pages : 468 | Éditeur : Robert Laffont, collection R | Ma note : 3,75/5

Date de sortie : 03.01.2019 | Prix : 9,90 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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2 Commentaires

  • Reply Shana 28 mars 2019 at 22 h 02 min

    J’aime beaucoup ton blog. Un plaisir de venir flâner sur tes pages. Une belle découverte et un blog très intéressant. Je reviendrai m’y poser. N’hésite pas à visiter mon univers. A bientôt.

    • Reply Jessica 29 mars 2019 at 11 h 09 min

      Merci beaucoup, c’est vraiment adorable comme petit message !
      Je file voir ton blog. 🙂

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