Culture Lectures

La petite fille qui aimait Tom Gordon

28 février 2018

« En arrivant dans la clairière, elle fut prise d’un début d’anxiété. Elle avait un peu l’impression d’être une héroïne d’un film d’horreur, la bécasse qui pousse la porte de la maison du tueur en criant « y’a quelqu’un ? » elle se retourna vers l’autre rive et eut aussitôt la sensation qu’un regard était vrillé sur son dos. » Extrait du livre.

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RÉSUMÉ | Le monde a des dents, et quand l’envie le prend de mordre, il ne s’en prive pas. Trisha McFarland avait neuf ans lorsqu’elle s’en aperçut. Ce fut un matin, au début du mois de juin. À dix heures, elle était assise à l’arrière de la dodge caravan de sa mère, vêtue de son maillot d’entraînement bleu roi de l’équipe des red sox (avec 36 Gordon inscrit au dos), et jouait avec Mona, sa poupée. À onze heures, elle s’efforçait de ne pas céder à la panique, de ne pas se dire « je suis en danger », de chasser de sa tête l’idée que les gens qui se perdent dans la forêt s’en tirent quelquefois avec de graves blessures, que quelquefois même ils en meurent.

MON AVIS | Ce livre est différent des autres œuvres partagées par l’auteur. Ici, nous avons une petite fille, une forêt, environ trois-cent pages, et c’est tout. Voilà ce qui a suffi à Stephen King pour nous tenir en haleine et mettre nos nerfs à fleur de peau. Grâce à sa plume magique et son talent inné pour l’écriture, ces simples détails ont été les seules choses dont il a eu besoin pour rédiger un roman dit d’horreur psychologique.

Ce texte parle donc d’une enfant âgée de neuf ans nommée Patricia (Trisha si vous préférez) qui part faire une balade en forêt avec sa mère, Quilla Andersen, et son grand frère Pete. Mais arrivés à destination, Trisha se sent invisible. Avec une mère qui pense pouvoir noyer tous ses problèmes dans des sorties familiales et un frère quelque peu égoïste qui n’hésite pas à faire passer ses besoins avant ceux des autres, Trisha en a assez. C’est en subissant une énième dispute entre eux et en voulant soulager un besoin pressant qu’elle finira par s’éloigner du sentier et se perdre. Réalisant un peu plus tard dans quel pétrin elle est, la gamine tentera tant bien que mal de s’en sortir. Armée d’un sac à dos dans lequel se trouvent un maigre casse-croûte, un poncho et un walkman (grâce auquel elle va pouvoir suivre les matchs de baseball de son idole Tom Gordon), Trisha commence alors son périple à travers la forêt. Mais rapidement, ce dernier se transformera en une progressive descente aux enfers. Entre la nourriture et l’eau potable qui manquent, les cauchemars, le froid, la nuit, la fatigue extrême, la peur constante, le danger, les bruits qui viennent de partout et nulle part à la fois, les piqûres d’insectes, et les hallucinations, le lecteur craint pour la vie du personnage auquel il s’est attaché. Surtout à cause de « la chose », une entité non identifiée, mystérieuse et dangereuse qui traque les êtres égarés en forêt et qui a jeté son dévolu sur Trisha..

Comment va-t-elle s’en sortir ? Va-t-elle justement finir par trouver une solution ? Ce roman a beau ne pas être le plus connu de SK, il n’en reste pas moins agréable à lire et vraiment prenant. Il faut dire aussi que l’auteur a joué d’une justesse psychologique incroyable sur le personnage principal. Comment ne pas s’attacher à cette gamine de neuf ans pleine de ressources et astucieuse ? Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lire ce bouquin, n’hésitez plus : foncez, vous ne serez pas déçus !

Nombre de pages : 336 | Éditeur : Albin Michel | Ma note : 3,5/5.

Date de sortie : 20.05.2010 | Prix : 19.40 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Si non, vous intéresse-t-il ?

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4 Commentaires

  • Reply Samsha 1 mars 2018 at 6 h 59 min

    Il s’agit du premier “vrai” livre que j’ai lorsque j’étais enfant et il m’a vraiment marqué! Il m’a glacé le sang car je me suis, à l’époque, vraiment identifiée à cette enfant. Depuis je l’ai relu plusieurs fois car je ne m’en lasse pas 🙂

    • Reply Jessica 5 mars 2018 at 16 h 00 min

      Il en faut du courage pour commencer la lecture étant enfant avec du Stephen King, bravo. 😉 Mais oui, c’est un bon bouquin !

  • Reply Plou 18 septembre 2018 at 15 h 56 min

    J’aime beaucoup StephenKing et je n’ai pas encore eu l’occasion de lire celui-ci.
    C’est avec ses Danses Macabres que je l’ai découvert. C’est vraiment un pro de l’horreur !

    • Reply Jessica 19 septembre 2018 at 8 h 53 min

      Je ne connais pas l’œuvre que tu as citée. Mais ce n’est pas un problème : mon copain m’a installé 62 livres de Stephen King sur ma liseuse. (Il est fou.. ♥) J’ai tout ce qu’il faut pour bien savourer le talent de cet auteur. 🙂 Reste plus qu’à prendre le temps de tout découvrir !

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