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Grisha, tome 3 | l’oiseau de feu

19 juin 2020

« J’ai vécu une longue vie, remplie de douleur. J’ai épuisé toutes mes larmes. Si j’éprouvais les mêmes émotions que toi, si j’avais aussi mal que toi, je n’aurais jamais pu supporter l’éternité. » Extrait du livre, page 298.

RÉSUMÉ | En raison de son affrontement contre le Darkling, Alina ne peut plus utiliser ses pouvoirs. Bien vite, la Cathédrale blanche, où elle a trouvé refuge avec ses alliés, se transforme en véritable prison : Alina endosse difficilement son nouveau rôle de sainte de lumière, et l’Apparat, son sauveur, semble vouloir faire d’elle une martyre afin de servir ses intérêt personnels et sa quête de pouvoir. Une seule solution s’offre à elle : s’enfuir. À la surface, la capitale est tombée et le Darkling impose la terreur sur tout Ravka depuis son trône d’ombre. Tous les espoirs de la jeune femme reposent désormais sur l’oiseau de feu, une créature mythique qui lui permettrait de renverser le Darkling, et sur Nikolai, le prince déchu, porté disparu..

MON AVIS | Dernier tome, dernier espoir, dernières attentes. Je vous en ai parlé plus en détails dans mes chroniques précédentes — que vous pouvez retrouver en cliquant sur ce lien et sur celui-ci — mais ma découverte des deux premiers tomes de Grisha s’est plutôt mal passée. Elle n’a pas été aussi bonne que je l’espérais (la faute aux réseaux sociaux qui ont limite vénéré cette trilogie pendant des années, sans doute) et j’ai cru dur comme fer que l’oiseau de feu remonterait le niveau. Pourtant, il m’a fallu près de deux semaines pour en venir à bout. Une horreur quand on se dit que je peux aisément achever une œuvre de ce gabarit en une voire deux journée(s) grand maximum. Vous l’avez compris, ce n’était pas une partie de plaisir.

Commençons par résumer la situation. Une confrontation entre Alina Starkov et le Darkling a eu lieu et chacun en est ressorti salement amoché. Afin de reprendre des forces, la jeune femme s’est réfugiée sous terre aux côtés de ses troupes (ou ce qu’il en reste..) et de l’Apparat, un homme plus qu’étrange qui dit à qui veut l’entendre qu’elle est une sainte et qu’elle va tous les sauver des ténèbres qui menacent de les engloutir. Mais bien sûr. Cependant, sa docile petite protégée va vite en avoir assez d’être exhibée comme un trophée et d’être enfermée, surveillée, escortée, épiée chaque jour. Ainsi donc, elle va reprendre le contrôle sur la situation qui, jusque-là, lui échappait, et remonter à la surface pour s’occuper du cas de son ennemi, plus puissant que jamais. Voilà, c’est aussi simple que ça.

Bon. Je ne vais pas me faire des amis avec ce qui va suivre alors préparez-vous : il n’y a pas à dire, Alina Starkov me pose un réel problème. Je m’en suis rendu compte au premier tome déjà mais rien n’a changé avec la suite de ses mésaventures. L’autrice l’a mise sur un piédestal alors que, si on réfléchit bien, seule, elle n’est rien. Elle n’a pas l’étoffe d’une héroïne ou d’une sainte destinée à sauver le monde, c’est évident. Elle passe son temps à se reposer sur les autres, à donner des ordres par-ci par-là, et parfois même à se sentir toute puissante parce que ses pouvoirs sont uniques. Elle est aimée, vénérée, protégée, désirée. On s’agenouille devant elle, on obéit pour elle, on va au devant du danger pour elle, on se sacrifie pour elle, on meurt pour elle. Et de son côté, que fait-elle pour les autres ? Eh bien, c’est simple : pas grand-chose. Elle pleure, s’apitoie sur son sort, attend que quelqu’un trouve un plan ou une solution miracle, se demande si elle peut être avec son amour d’enfance, mais en fait non il y a le Darkling et ils sont liés, et puis il y a aussi Nikolai le prince bâtard, et machin, patin, couffin. Zéro charisme, zéro utilité, zéro intérêt. Heureusement, d’autres ont réussi à me surprendre. À commencer par Malyen Oretsev, qui m’a pourtant donné du fil à retordre le temps de deux opus. Jusque-là, je cherchais à comprendre son rôle. On sait qu’il aime celle auprès de qui il a grandi et qu’il est prêt à tomber au combat pour la sauver, on sait qu’il est jaloux des autres et qu’il en a assez d’attendre un signe de sa part, on sait qu’il reste malgré tout dans son ombre et qu’il l’a dans la peau ; et ça s’arrête là. Ici, pourtant, ça a changé et il était sur le devant de la scène. Le Darkling, lui, ne cesse de me surprendre (le prénom qui lui a été attribué à sa naissance, en revanche, c’est une autre histoire..) et j’ai pris plaisir à le suivre une nouvelle fois. C’est un méchant psychopathe comme je les aime et j’ai trouvé son personnage merveilleusement bien travaillé. Son passé, son enfance, les raisons qui l’ont poussé à pencher du côté obscur et à choisir cette voie en particulier, tout m’a plu. Je regrette juste qu’il ne soit qu’un figurant dans ce récit qui est en partie le sien. Quel gâchis ! Nikolai, sinon, m’a laissée dubitative. Ce personnage a un rôle primordial à jouer et il a été jeté aux oubliettes. Aussi, je m’attendais à plus accrocher à ses répliques et à son tempérament (certains n’ont d’yeux que pour lui) mais raté, ça ne l’a pas fait plus que ça. Quant aux autres, ils n’étaient pas intéressants. Je vous le jure.

La première partie du roman était, comme à chaque fois, interminable. Le rythme était affreux, il ne se passait rien, et j’ai même eu une sensation de déjà vu. Mais la suite a réussi à éveiller mon intérêt et à m’intriguer. Entre amour, haine, amitiés naissantes, combats, révélations et sacrifices, tout était là pour que je passe un bon moment. Et le temps de quelques pages, ça l’a fait ! Dommage que l’autrice ait penché pour des facilités scénaristiques et pour une bataille finale expédiée vite fait bien fait. Quant aux évènements qui se déroulent après, disons que j’ai trouvé ça bien trop arrangeant pour certains.. Finalement, j’ai envie de placer ce tome entre les deux autres : je l’ai moins apprécié que le premier et je l’ai préféré au deuxième.

Si je devais donner un bref avis sur cette saga et sur l’impression qu’elle m’a laissée, je dirais que j’ai été déçue. Les réseaux sociaux tels que bookstagram ou twitter en parlent comme si c’était une œuvre à ne rater sous aucun prétexte, et j’ai cédé au bout d’un long moment. Malheureusement pour moi, ça n’a pas été un bon investissement et j’en ressors plus frustrée qu’autre chose. Je n’ai pas compris la hype liée au phénomène Grisha et j’ai le sentiment d’être passée à côté de quelque chose. Pourtant, je n’ai pas lu en diagonale, ce qui fait que je n’ai raté aucun élément de l’histoire. Peut-être qu’une relecture me ferait du bien, qui sait ?

Œuvre écrite par : Leigh Bardugo.

Nombre de pages : 416 | Éditeur : Milan | Ma note : 3,5/5.

Date de sortie : 24 octobre 2018 | Prix : 16,90 €

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