Lectures

Grisha, tome 1 | les orphelins du royaume

22 avril 2020

« J’ai risqué ma vie pour toi. J’ai traversé la moitié de Ravka pour toi, et je serais prêt à le refaire encore et encore rien que pour être avec toi, rien que pour mourir de faim et de froid avec toi et pour t’entendre maudire ce fromage tous les jours. Alors ne me dis pas que ta place n’est pas avec moi, ajouta-t-il d’un ton féroce. (…) Je regrette d’avoir mis si longtemps à te voir, Alina, mais maintenant, je ne vois que toi. » Extrait du livre, pages 287 et 288.

RÉSUMÉ | Ancien royaume florissant, Ravka est aujourd’hui séparé en deux par une terrible nappe de ténèbres : le shadow fold. Les soldats de la première et de la seconde armée luttent inlassablement contre cette menace. Alina Starkov, simple cartographe, a du mal à trouver sa place dans ce combat. Le jour où son meilleur ami est attaqué par l’une des créatures du shadow fold, Alina déploie un pouvoir qui la dépasse : une déferlante de lumière. Les grishas, caste adepte de la petite science, la repèrent aussitôt. Le plus puissant d’entre eux, le fascinant et terrifiant Darkling, la prend sous son aile. Il décide de l’emmener à la capitale pour qu’elle apprenne à y maîtriser son don..

MON AVIS | Voilà déjà un long moment que j’entends parler des œuvres écrites par la grande Leigh Bardugo. Un peu sur twitter, beaucoup sur bookstagram. Pourtant, je n’ai encore jamais osé sauter le pas et plonger à corps perdu dans cette saga que l’on m’a conseillée de lire en premier lieu et avant Six of Crows : j’ai nommé, Grisha. Récemment, sur un coup de tête, et alors que je cherchais une idée de livre à acheter, j’ai décidé de me procurer la trilogie d’un coup (au moins, que j’aime ou pas, à partir du moment où j’ai une saga complète dans mes bibliothèques, elle finira tôt ou tard par être lue). Et à partir du moment où j’ai reçu les ouvrages, il ne m’a pas fallu bien longtemps pour commencer le tome 1. Je vous donne mon verdict sans plus tarder.

Dès les premières pages nous sommes plongés au cœur d’un univers plus que particulier. Alina Starkov et Malyen Oretsev ont grandi ensemble à l’orphelinat de Keramzin. Maintenant qu’ils sont adultes, ils servent tous les deux l’armée. Lui en tant que traqueur, elle en tant que cartographe. Alors qu’ils menaient une expédition dans le Shadow Fold — une zone plongée dans les ténèbres qui sépare le pays de Ravka en deux et qui a été créée voilà bien des siècles par un être maléfique — avec leur régiment, ils vont être attaqués par les monstruosités qui y vivent : des créatures assoiffées de chair et de sang appelées « volcras ». Le meilleur ami de la jeune femme sera même pris pour cible. Effrayée, tétanisée, elle déploiera un immense pouvoir qui les sauvera tous mais dont elle n’avait nullement conscience. Les Grishas, des personnes dotées d’un certain talent, vont la repérer, et le plus puissant d’entre eux, le Darkling, décidera de la prendre sous son aile et de l’emmener à Os Alta, la capitale. Il est persuadé qu’elle a les capacités requises et le talent nécessaire pour l’aider à atteindre son but : il veut faire d’elle son alliée et réparer les dégâts causés par son aïeul. Plongée malgré elle dans un monde qui la dépasse, Alina saura-t-elle surmonter les difficultés qui se mettront sur son chemin ?

Alina est, vous l’avez certainement compris, l’héroïne de cette histoire. Malheureusement, elle m’a laissée dubitative. En effet, il m’est arrivé de la trouver trop fade, trop faible, trop banale, trop passive, trop dénuée d’intérêt. La palme d’or revient quand même à sa naïveté sans limite : là, je suis scotchée. D’un autre côté, si on réfléchit bien, toutes ces choses la rendent simplement humaine. Elle découvre un univers riche et incroyable qui n’a jamais été le sien et qui, pourtant, aurait dû l’être. Comment, dans ces conditions, ne pas être perdue ? Elle fait de son mieux pour s’adapter à la situation, ce qui est loin d’être évident, et malgré ce que j’ai cité précédemment, j’ai pris plaisir à la suivre. D’autant qu’elle gagne petit à petit en assurance. Vient ensuite Malyen — autrement appelé « Mal » —, son ami d’enfance. Lui, c’est encore pire, puisque je n’ai pas réussi à m’y attacher. De plus, il y a une de ses réactions que je n’ai pas du tout appréciée (je préfère ne pas développer au risque de vous spoiler un élément du récit). Je suis curieuse de voir comment il va se rattraper (auprès de moi) dans le deuxième tome. Sinon, sur une touche plus positive, je dois dire que j’ai adoré Genya. Elle est attachante, elle est drôle, elle est gentille, elle est géniale. Pourtant, mon coup de cœur va droit vers le Darkling (mais il n’a pas un prénom, le garçon ???) qui est, à mon sens, le personnage le plus développé. Et, accessoirement, le plus utile. Il est sensuel, mystérieux, charismatique, ténébreux, intelligent, fascinant, et terriblement puissant. Il est tout. Côté protagonistes secondaires, nous avons Baghra, l’Apparat, Botkin, Ivan, Zoya, et d’autres encore pas forcément intéressants.

Je suis perplexe. Les retours sur lesquels je suis tombée pendant de nombreux mois — voire années — parlaient d’une pépite, d’un concept à ne manquer sous aucun prétexte, d’un roman passionnant à découvrir d’urgence. Tous ces commentaires m’ont, logiquement, amenée à avoir de grosses attentes.. et elles n’ont pas été comblées. L’histoire était intéressante, l’univers également et la plume (ou bien la traduction ?) rendait le tout plutôt fluide, donc je ne dis rien là-dessus. En revanche, j’ai eu plus de mal avec les personnages (en dehors de Genya et du Darkling qui ont drastiquement remonté le niveau) et d’autres choses vues et revues dans la littérature fantasy. J’ai également été déçue par le manque de profondeur, de détails, de descriptions. Peut-être que je commence à être lassée ? Peut-être que j’aurai dû lire cette œuvre à sa sortie afin d’être surprise par certains éléments ? Si je réfléchis un peu, je comprends pourquoi la saga a eu du succès : c’est facile à lire et le synopsis a de quoi plaire. Par contre, je ne comprends pas pourquoi elle en a eu autant. Bref, c’est lent, prévisible, ça ne renouvelle pas le genre, et surtout, c’est dommage parce que l’idée et le potentiel étaient là. J’ai aimé, mais pas suffisamment pour être satisfaite, et je reste malgré tout plus que curieuse de découvrir la suite (on me l’a conseillée à mille et une reprises sur bookstagram). Affaire à suivre.

Œuvre écrite par : Leigh Bardugo.

Nombre de pages : 352 | Éditeur : Milan | Ma note : 3,75/5.

Date de sortie : 11 octobre 2017 | Prix : 15,90 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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