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Et ils meurent tous les deux à la fin

4 mars 2020

« Mais quels que soient les choix qu’on fait — seul ou ensemble —, notre ligne d’arrivée est la même. On aura beau regarder plein de fois de chaque côté de la rue avant de traverser. On aura beau ne pas sauter en parachute pour ne pas prendre de risque, même si ça veut dire qu’on ne volera jamais comme mes super-héros préférés. On aura beau garder la tête baissée en passant devant un gang dans un quartier mal famé. Quelle que soit la façon dont on choisira de vivre, on mourra tous les deux à la fin. » Extrait du livre, page 92.

RÉSUMÉ | « Nous sommes au regret de vous informer que vous aller être frappé par une mort prématurée dans les prochaines vingt-quatre heures. Toute l’équipe de Death-Cast est sincèrement désolée de vous perdre. Vivez pleinement cette journée, ok ? » Le 5 septembre, un peu après minuit, Mateo et Rufus reçoivent chacun le funeste appel. Ils ne se connaissent pas, mais cherchent tous deux à se faire un nouvel ami en ce jour final. Heureusement, il existe aussi une appli pour ça, Le Dernier Ami. Grâce à elle, Rufus et Mateo vont se rencontrer pour une ultime grande aventure : vivre toute une vie en une seule journée.

MON AVIS | J’ai beaucoup entendu parler de ce livre à sa sortie grâce à son auteur qui est connu pour avoir écrit d’autres œuvres poignantes. Le résumé de celui-ci promettait de belles et tristes choses, le titre qui raconte le dénouement m’a intriguée (je trouvais ça culotté et génial), et j’admets avoir eu quelques attentes. D’autant que la plupart des retours sur lesquels je suis tombée parlaient d’une histoire horriblement déchirante, voire carrément d’un coup de cœur. Forcément, quand je l’ai aperçu dans une boutique d’occasion, je n’ai pas pu résister bien longtemps. Je l’ai repéré de loin (il était mis en évidence sur un support) et je me suis jeté dessus avant même de vérifier s’il était tâché, abîmé ou déchiré. Il me le fallait absolument et j’ai été doublement contente de voir qu’il était nickel. Il ne me restait plus qu’à plonger dedans.

Dans cette histoire, le monde a changé. Maintenant, on sait avec un petit peu d’avance quel jour on va mourir. Une société nous appelle sur notre téléphone portable pour nous prévenir que quelque chose va nous arriver dans les prochaines vingt-quatre heures et peu importent les stratagèmes que l’on met en place pour se protéger de tout en se mettant à l’abri, la finalité est la même et notre avenir reste inchangé. Concrètement, ce qu’il faut retenir, c’est qu’au moment où l’alerte particulière du Death-Cast résonne, c’est fichu. Notre vie va s’achever alors que rien ne le laissait présager la veille encore et la faucheuse, où qu’elle soit, peut frapper à tout moment. Mateo Torrez est âgé de dix-huit ans lorsqu’il reçoit le fameux coup de fil. Rufus Emeterio, lui, est plus jeune. Ils deviennent automatiquement des Deckers. Des condamnés. Le 5 septembre 2017 scelle leur destin à jamais et ils ne seront bientôt plus que des souvenirs dans la mémoire de leurs proches. Le temps leur est dorénavant compté et chaque seconde qui s’écoule les rapproche un peu plus de la fin. Parce qu’ils ne veulent pas passer cette dernière journée — si tant est qu’ils arrivent à en voir le bout — seuls ou avec leur entourage qu’ils pourraient entraîner dans leur chute, les deux garçons vont s’inscrire sur une application mobile qui a été créée pour ceux qui, comme eux, sont définitivement perdus : Le Dernier Ami. Grâce à cela, leurs chemins vont se croiser et cette rencontre improbable va les lier. Mais qu’importe, puisque le compte à rebours est lancé.

Au vu du scénario et de l’incroyable idée imaginée par Adam Silvera, je m’attendais à tomber sur une petite et bouleversante pépite. J’en suis la première déçue mais avec moi, ça ne l’a pas fait du tout. Pour tout vous dire, je crois que je me suis ennuyée ferme sur les 3/4 de l’ouvrage, et peut-être même un peu plus. Il ne se passait absolument rien et malgré qu’un sujet difficile soit mis à l’honneur ici, je n’ai pas ressenti grand-chose. Après, suivre les deux protagonistes sur plus de 400 pages, sachant que ça ne concerne qu’une unique journée, croyez-moi, c’est long. Il n’y a pas eu de rebondissement, de révélation, d’incroyable surprise. Rien que le vide et une énorme frustration.

Mateo et Rufus étaient plutôt intéressants. J’ai eu beaucoup de mal à m’attacher à eux et d’un autre côté, je les ai adorés. Étrange comme sentiment, je vous l’accorde. Leur évolution était plaisante à suivre et j’ai apprécié cette partie. Malheureusement, un gros point noir est venu gâcher la relation qu’ils entretenaient. Je parle bien sûr de la « romance » qui est plus que prévisible (j’étais persuadée que l’auteur en placerait une). Pourtant, elle a été tellement mal amenée, c’est dingue. Je n’y ai pas cru un seul instant tant l’alchimie entre eux était inexistante. Pour moi, ils étaient amis et leur premier baiser est tombé comme un cheveu sur la soupe. J’ai même dû relire la page trois fois avant de comprendre que non, je n’avais rien raté, ça s’est vraiment fait comme ça. Dommage ! Quant aux personnages secondaires, disons qu’ils étaient sympathiques. Les liens qui unissaient Mateo à sa meilleure amie et ceux qui liaient Rufus à ses proches étaient vrais, sincères, puissants.

Je partais donc sur ma troisième déception de l’année. Puis, la fin est arrivée et avec elle, tout a changé. Je n’ai pas vraiment accroché à l’ouvrage qui était lent comme pas permis mais les derniers chapitres m’ont retournée et ont broyé mon cœur — pourtant solide — en mille morceaux. Je n’en reviens pas d’être tombée sur une œuvre qui m’a laissée indifférente autant de temps et qui, je ne sais pas comment, a réussi à radicalement changer ma perception des choses en quelques pages. Ce livre m’a marquée et ses deux héros me manquent déjà. Depuis que j’ai achevé ma lecture (hier soir au moment où je rédige ces quelques mots), j’ai déjà relu les moments clé de la quatrième partie plusieurs fois. Et je suis toujours aussi triste. Rien que pour ça, je vous conseille de lire et ils meurent tous les deux à la fin.

Œuvre écrite par : Adam Silvera.

Nombre de pages : 414 | Éditeur : France Loisirs | Ma note : 3.25/5.

Date de sortie : mars 2019 | Prix : 17,90 €

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2 Commentaires

  • Reply La route des lecteurs 7 avril 2020 at 20 h 28 min

    C’est particulier, quand même. Et dommage, finalement, que les 3/4 roman t’ait déçu :-/
    Perso, il m’intrigue mais je reconnais que je n’ai toujours pas sauté le pas depuis qu’il est sorti !

    • Reply Jessica 13 avril 2020 at 12 h 31 min

      En même temps, j’ai ressenti tellement de longueurs, c’est vraiment frustrant. Surtout quand on voit les avis de certains qui disent que le roman est bouleversant du début à la fin. Après, si le résumé te donne envie, n’hésite pas à tenter le coup. Sait-on jamais, tu pourrais être surprise.. 😉

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