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Entre chiens et loups, tome 3 | le choix d’aimer

5 août 2020

« Le monde n’avait que deux couleurs pour nous : la blanc et le noir. Pas de nuances. Nous avions notre amour, nos drames, nos rêves. Nous avons manqué de temps. Le temps de grandir ensemble, de vieillir ensemble. » Extrait du livre, page 374.

RÉSUMÉ | Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Dans ce monde, une enfant métisse est pourtant née, Callie Rose. Une vie entre le blanc et le noir. Entre l’amour et la haine. Entre des adultes prisonniers de leurs propres vies, de leurs propres destins. Viendra alors son tour de faire un choix. Le choix d’aimer, malgré tous, malgré tout.

MON AVIS | Le temps a passé depuis les évènements qui se sont produits à la fin de la couleur de la haine, deuxième tome de cette saga que l’on ne présente plus. Cette fois-ci nous suivons Callie Rose, l’enfant de Perséphone Hadley et Callum McGrégor. Ni prima, ni nihil, c’est une métisse qui n’appartient à aucune classe et qui subit les pressions racistes d’une société qui refuse d’évoluer. Elle a bien grandi et est devenue une jeune adolescente pleine de colère et de rancœur. Elle a mûri, son caractère s’est affirmé et elle s’est éloignée de la petite fille naïve, sage et pleine d’idéaux qu’elle était autrefois. Maintenant elle est aussi têtue qu’obstinée, aussi curieuse que déterminée, aussi déçue que brisée. Ses proches lui ont toujours caché la vérité sur son père, sur ce qu’il était réellement et sur la façon dont il est mort. Mais une personne de son entourage lèvera le voile sur ce secret sans en avoir conscience. En un instant elle verra son univers s’écrouler et à partir de là, tout va changer. À commencer par les relations qu’elle entretient avec sa mère et ses grands-mères, les trois femmes de sa vie en qui elle avait confiance. Un fossé va se creuser entre elles et Jude, son oncle, profitera de ce moment de faiblesse pour l’approcher et mettre son plan ainsi que sa vengeance à exécution..

Ce tome a été rédigé de façon pour le moins particulière. En effet, il n’y a que des flashbacks (ou presque). Malheureusement, ce schéma m’a laissée dubitative et j’ai été complètement larguée à de nombreuses reprises. Les allers-retours entre passé et présent se multipliaient et suivre sans se tromper est vite devenu compliqué. De plus, nous avons plusieurs points de vue : celui de l’héroïne, de Sephy, de Jasmine, de Margaret — « Meggie » pour les intimes — et de Jude. C’était intéressant mais les chapitres s’enchaînaient, les pensées de certains avec et forcément, ce qui devait arriver arriva : j’ai eu l’impression que toutes ces coupures cassaient le rythme du récit au lieu de le booster. Quant à la plume de l’autrice (ou la traduction), elle manquait de profondeur et n’a pas réussi à m’entraîner. Vous l’avez compris, j’ai eu beaucoup de mal avec cette lecture. Pourtant, d’un autre côté, j’ai plus accroché qu’avec l’opus précédent.

Callie Rose ne m’a convaincue qu’à moitié. Petite fille elle était touchante avec ses mille et une questions sur ses origines, son besoin de câlins et de tendresse, ses yeux pétillants qui voulaient en savoir plus sur ce monde qui l’entoure et son envie de trouver sa place. En grandissant elle a perdu cet éclat et s’est renfermée, pour finalement se faire endoctriner par son oncle qui a profité de sa vulnérabilité et l’a rendue haineuse. Quand j’ai vu ce qu’elle pensait de son terroriste et violeur (non) de père, ça m’a brisé le cœur. Lui qui a sacrifié tant de choses, dont sa propre vie, pour qu’elle en ait une.. Elle était complètement aveuglée et personne ne prenait la peine de lui expliquer ce qui s’était vraiment passé. C’était dur à lire. Perséphone, également, m’a laissée mitigée. C’est une mère incomprise et au bout du rouleau qui se démène corps et âme pour sa progéniture, qu’elle n’arrive plus à comprendre. On note une évolution par rapport au tome précédent et on voit qu’elle essaie de se reconstruire, d’aller de l’avant et de réapprendre à aimer, même si le fantôme de Callum occupera toujours ses pensées. Pourtant, elle est loin d’être parfaite et il lui arrive encore souvent de faire des erreurs avec sa fille. Jude, quant à lui, n’a pas changé. Froid, distant, calculateur, c’est un manipulateur hors-pair et débordant de haine qui n’a plus rien à perdre et qui, surtout, est prêt à tout pour parvenir à ses fins. Il veut sa vengeance et il l’aura. Jasmine et Meggie, finalement, sont bien plus sur le devant de la scène. On les (re)découvre, avec leur qualités comme leurs défauts, leurs forces comme leurs faiblesses. Aussi, une ribambelle de personnages fait son apparition : Tobey, Lucas, Nathan, Ella.. 

Le choix d’aimer est une histoire qui parle de non-dits, de mensonges, d’incertitudes, de deuil, de la difficulté de se reconstruire, de sacrifices, de choix douloureux, d’injustices, de tragédies, de haine viscérale, de secrets de famille, de vérités détournées, d’amour et d’espoir. Pour ces deux derniers points, je pense à une certaine lettre qui sera dévoilée à un moment clé de l’histoire et qui, surtout, m’a mis les larmes aux yeux. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée.

Œuvre écrite par : Malorie Blackman.

Nombre de pages : 480 | Éditeur : Milan | Ma note : 3/5.

Date de sortie : 19 juillet 2012 | Prix : 13,50 €

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