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Entre chiens et loups, tome 1

29 juillet 2020

« Un jour ou l’autre, les gens auraient trouvé un moyen de nous séparer. C’est pour ça que je pleurais. C’est pour ça que je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Pour tout ce que nous aurions pu vivre et que nous ne vivrons jamais. » Extrait du livre, page 374.

RÉSUMÉ | Imaginez un monde. Un monde où tout est noir ou blanc. Où ce qui est noir est riche, puissant et dominant. Où ce qui est blanc est pauvre, opprimé et méprisé. Un monde où les communautés s’affrontent à coups de lois racistes et de bombes. C’est un monde où Callum et Sephy n’ont pas le droit de s’aimer. Car elle est noire et fille de ministre. Et lui blanc et fils d’un rebelle clandestin.. Et s’ils changeaient ce monde ?

MON AVIS | Dans cette histoire nous suivons Perséphone Hadley et Callum McGrégor, deux adolescents qui se connaissent depuis leur plus tendre enfance et qui sont très unis. Malheureusement, leur amitié — qui perdure malgré les mises en garde et interdictions de leurs familles respectives — va être entravée parce que leurs couleurs de peau sont différentes. En effet, l’une est une prima (comprenez : « une noire en haut de l’échelle sociale ») et l’autre est un nihil (comprenez : « un blanc qui vit dans la pauvreté ») et rien ni personne, à leur époque, ne peut accepter ou tolérer l’existence d’une telle relation. Tout est fait pour qu’ils soient séparés. Pourtant, ils n’en ont rien à faire et continuent de se voir en cachette. Jusqu’au jour où le jeune homme est accepté à l’école de Sephy avec trois autres camarades qui viennent du même milieu que lui. Dès lors, et de manière plus ou moins imperceptible, leurs chemins vont commencer à prendre des directions opposées. Mais comment faire quand l’amour et la haine, deux sentiments forts et contradictoires, se confondent ? Et comment préserver ses idéaux ?

Ce roman, ou plutôt cette saga, m’a fait de l’œil pendant de longues années et j’ai enfin eu l’occasion d’en apprendre plus à son sujet. J’ai lu le premier tome dès que je l’ai reçu et en moins d’une journée, il était terminé. Maintenant, j’essaie de poser mes mots par écrit pour vous dire ce que j’en ai pensé et c’est tellement difficile que je ne sais même pas par où commencer. Bon. Disons-le clairement, ce livre m’a aussi bien perturbée que chamboulée. J’ai été mal à l’aise à des moments bien précis et c’était peut-être le but recherché par l’autrice : nous faire prendre conscience de certaines choses, nous amener à réfléchir, nous ouvrir les yeux sur la réalité qui est la nôtre et qui, ici, ne l’est plus vraiment. Ce premier tome est très dur à lire, moralement parlant. Notre cœur de lecteur est balancé de droite à gauche, il est retourné, malaxé, piétiné, broyé. Le dernier chapitre est insoutenable et on a beau se dire que c’est LA fin qui convient le mieux à l’ouvrage, on en veut à Malorie Blackman. Elle a osé et c’était profondément injuste. En fait, c’était ce qu’il fallait à cet ouvrage. Finir de cette manière était nécessaire. Je partais de cette lecture hésitante, la tête pleine de questions, et j’en ressors détruite.

Malgré la puissance de cette histoire, je n’ai pas réussi à apprécier les personnages à leur juste valeur, du début à la fin. Commençons par parler de Perséphone — autrement appelée Sephy —, qui n’est âgée que de treize ans dans les premiers chapitres. En tant qu’enfant privilégiée et fille de ministre, je l’ai trouvée naïve, insouciante, innocente, voire égoïste. Elle est complètement détachée et déconnectée de la réalité, elle manque cruellement de jugement et de jugeote, et elle se lamente sur son sort pendant une bonne partie du bouquin. Elle est jeune, d’accord, je le concède, seulement, si elle pouvait sortir de sa bulle et ouvrir les yeux, ça nous arrangerait tous. Heureusement, au bout d’un moment, elle a une prise de conscience qui va l’amener à réfléchir par elle-même et, surtout, à réagir. J’ai beaucoup aimé son évolution. Callum, en ce qui le concerne, est celui qui m’a le plus touchée. Sa famille et lui font face à tellement d’injustices, c’était horrible à voir. Pourtant, il a la tête sur les épaules et même s’il se bat chaque jour qui passe pour ne plus être traité comme un déchet de la société, il sait que son avenir ne sera pas forcément meilleur que son présent. Il est réaliste, il connaît les enjeux, et bon sang ce qu’il est courageux. Plus les drames s’enchaînaient, plus la colère et la rancœur s’enracinaient en lui.. ce qui est compréhensible. À de nombreuses reprises j’ai eu peur pour lui, c’est dire. Son développement est plus fort, plus dur que celui de l’héroïne, et la voie qu’il a pris la décision de suivre n’a rien de facile (cela dit, je n’approuve pas forcément les choix qu’il a pu faire en étant aveuglé par la haine). Jude, quant à lui, était détestable. J’ai eu envie de lui offrir un séjour tous frais payés avec des requins bouledogue, je vous le jure. C’est tout ce qu’il mérite. Les autres personnages (Minerva, Jasmine et Kamal Hadley, Lynette, Margaret et Ryan McGrégor, Sarah Pike..) étaient plus ou moins intéressants mais j’aurais aimé un développement plus poussé pour chacun d’eux.

S’il y a bien un détail que je trouve dommage dans ce premier tome, c’est le manque de descriptions. En effet, nous avons plus de monologues intérieurs et de dialogues qu’autre chose. Difficile pour le lecteur, dans ces conditions, de visualiser les décors, les scènes, les lieux. L’environnement. De plus, la plume (ou peut-être la traduction) était simple, et le manque de rythme était évident. C’était long, c’était lent, et j’ai eu l’impression qu’il manquait un je ne sais quoi. D’un autre côté nous sommes face à un livre intense, bouleversant, qui saura forcément toucher celui ou celle qui l’a entre les mains. Intolérance, inégalités, racisme, discriminations, terrorisme, corruptions judiciaires, violence, mépris, ségrégation.. Tant de sujets lourds et abordés ici de manière percutante. Je ne peux que vous conseiller de découvrir cet ouvrage. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée.

Œuvre écrite par : Malorie Blackman.

Nombre de pages : 416 | Éditeur : Milan | Ma note : 3,75/5.

Date de sortie : 4 novembre 2011 | Prix : 13,90 €

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Connaissez-vous cette œuvre ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Dans le cas contraire, êtes-vous intéressés ?

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