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Babel Corp, tome 1 | Genesis 11

24 juin 2020

« C’est peut-être pour cette raison que je me suis engagé chez Babel. Pour mettre de la distance entre moi et le prochain impact. Une part de moi voudrait quitter cette pièce, échapper au regard pénétrant de Kaya. J’ai l’impression qu’elle voit en moi des choses que j’ai essayé d’ignorer toute ma vie. » Extrait du livre, page 126.

RÉSUMÉ | Emmett embarque sur Genesis 11, un vaisseau de la compagnie Babel Corp., avec d’autres ados défavorisés. Leur mission : récolter sur la planète Eden une substance fossile ultrapuissante, la noxolyte. Or seuls les meilleurs seront autorisés à débarquer. À bord, les épreuves cruelles et biaisées succèdent aux entraînements violents, et Emmett se méfie de plus en plus de Babel Corp. Jusqu’où la compagnie est-elle capable d’aller ? Mais Genesis 11, lancé dans l’immensité intergalactique, garde jalousement ses secrets.

MON AVIS | Emmett Ethan Atwater est un afro-américain sans histoire mais au quotidien extrêmement compliqué. Il vit dans la pauvreté à Détroit avec son père qui se tue à la tâche pour un salaire de misère et avec sa mère qui est très affaiblie à cause d’un cancer dévastateur. Son quartier n’offre pas beaucoup de débouchés et il est clair que son avenir ne sera pas plus agréable que sa vie actuelle. Pourtant, un jour, une opportunité unique se présentera à lui et il sera recruté avec neuf autres adolescents par Babel Corp, une société pesant plusieurs milliards, pour participer à l’exploration spatiale la plus importante que le monde ait jamais connue. Le but, extraire de la « noxolyte » sur une planète habitable et semblable à la Terre : Eden. Cette mystérieuse substance est rapidement devenue une ressource très précieuse et la mission — secrète — de ces jeunes va consister à en récolter le plus possible tout en faisant attention aux Adamites, l’espèce qui peuple ce nouvel espace (et qui, apparemment, ne leur fera jamais de mal parce qu’ils ne sont pas adultes). En échange, ils auront droit à assez d’argent pour mettre leurs proches et leurs familles, actuellement dans le besoin, en sécurité.. pour toujours. Concrètement, on va leur promettre la richesse éternelle, des soins médicaux de première qualité et d’autres avantages encore. Cette proposition, plus qu’alléchante, va finir de les convaincre, et c’est ensemble qu’ils se lanceront dans une quête hors du commun au dénouement incertain. Mais ils découvriront assez tôt que seuls huit d’entre eux pourront se rendre à destination et ainsi profiter de cette expérience et de la récompense promise. Pour faire leur choix, les organisateurs vont leur imposer des épreuves physiques et mentales qui vont les pousser au-delà de leurs limites. Le chrono est lancé : que les meilleurs gagnent.

Pour ce qui est des personnages, je dois dire que l’auteur a fait un choix judicieux. En effet, ils sont diversifiés. Je n’ai pas l’habitude de croiser ce schéma dans mes lectures alors croyez-moi, ça fait plaisir à voir. Nous avons donc Emmett, bien entendu, que j’ai déjà brièvement présenté dans le paragraphe précédent. Mais nous avons aussi Azima, Kaya, Jasmine, Isadora, Longwei, Bilal, Katsu, Jaime et Roathy. Certains sont asiatiques, d’autres sont originaires de la Palestine, du Japon, de la Suisse, des États-Unis, du Brésil, ou même de l’Empire triarque. Pourtant, et bien qu’ils viennent tous des quatre coins du monde et d’horizons différents, ces dix adolescents sont liés par une chose qu’ils ont en commun : ils sont désespérés. Babel Corp va en profiter et va les pousser, et parce qu’ils sont pauvres, ils vont se battre les uns contre les autres dans une compétition féroce et acharnée. Leur détermination était surprenante, et compréhensible. Ce tome est pas mal centré sur cet aspect là et je dois avouer que la première moitié du roman m’a semblé longue. Les formations rigoureuses voire dangereuses, les sessions d’entraînements, les stratégies, et rebelote. Fort heureusement, le rythme change au bout d’un moment et comme Emmett, on commence à s’interroger sur des détails qui nous paraissent suspects. D’ailleurs, qu’est-ce qui a poussé une société aussi puissante à choisir des jeunes comme eux ? Qu’ont-ils de spécial ?

Je vous le donne en mille mais Babel Corp : Genesis 11 a bien fonctionné avec moi. C’est un livre puissant que j’ai pris plaisir à découvrir et qui, j’en suis sûre, saura convaincre les amateurs de science-fiction et de conquêtes spatiales. J’ai adoré le héros car il lutte contre lui-même et contre la colère qu’il ressent face aux injustices. Ses parents lui ont inculqué des valeurs et des principes, et au fil des pages on le voit faire de son mieux pour garder son intégrité alors qu’il est dans une situation compliquée. Ses concurrents, en ce qui les concerne, m’ont tous fait ressentir quelque chose. J’en ai apprécié certains, j’en ai détesté d’autres. Mais une personne a réussi à sortir du lot et à me toucher plus que les autres. J’ai nommé, la belle, douce et intelligente Kaya (je dis ça comme ça mais sans elle notre cher Emmett aurait sûrement pris une autre direction).

Conclusion, c’était une lecture surprenante et entraînante qui m’a plu dès les premières pages. Malgré quelques longueurs et un fond aux allures de déjà-vu, j’ai accroché. Les relations entre les personnages sont juste passionnantes et la fin laisse présager un deuxième tome à la hauteur (si seulement je l’avais en ma possession..). En revanche, des petites choses m’ont chiffonnée. À commencer par ce chapitre perdu dans les 2/3 de l’ouvrage avec un autre point de vue que celui de notre narrateur. Je cherche encore à comprendre le pourquoi du comment (s’il y en avait plusieurs, d’accord, mais là il n’y en a qu’un seul sur plus de 500 pages). Aussi, la pseudo romance sortie de nulle part. Je ne m’y attendais absolument pas, je ne l’ai pas trouvée crédible, et je ne sais toujours pas ce qu’elle apporte à l’histoire. En dehors de ça, j’ai passé un super moment de lecture. Je recommande ! Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée.

Œuvre écrite par : Scott Reintgen.

Nombre de pages : 513 | Éditeur : Milan | Ma note : 4/5.

Date de sortie : 10 juin 2020 | Prix : 17,90 €

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